La frégate Léopold Ier prend le large vers l'océan Atlantique

La frégate Léopold Ier prend le large vers l'Océan atlantique
La frégate Léopold Ier prend le large vers l'Océan atlantique - © KURT DESPLENTER - BELGA

Sur les quais, on charge les derniers vivres. Un ultime au-revoir aux familles et il est temps pour l’équipage de la frégate Léopold Ier d’embarquer, direction Brest avant de rejoindre les côtes américaines. Cette frégate participe à une importante mission de l’OTAN aux côtés de navires norvégiens, portugais, hollandais et américains. Elle ne reviendra à Zeebrugge qu’à la mi-novembre. "C’est une espèce de brigades de sapeurs-pompiers.  Si l’OTAN a besoin en urgence d’une escadre de frégates, pour contrer une crise ou une menace quelconque dans la zone d’opérations de l’OTAN, l’Organisation fera appel notamment à notre frégate, Léopold Ier," précise Carl Gillis, responsable des opérations à la Défense.

162 membres d’équipage ont embarqué sur ce bâtiment pour plusieurs semaines en mer. Ce qui veut donc dire, plusieurs semaines loin des proches. Une situation qui peut parfois être difficile à gérer, comme l’explique le capitaine Abex, médecin et premier confident pour les marins."Si il y a quelque chose qui se passe, à domicile, avec la famille, c’est très dur pour le marin à bord. Il ne sait rien faire, ou presque rien faire, car il est isolé en mer. Donc oui, il vient souvent chez le médecin pour parler". L’officier Antoine Cerise ne dit pas autre chose. Cette mission à bord du Léopold Ier sera sa première. "Je me sens bien pour participer à la mission. Mais, ce qui va être dur, c’est l’éloignement avec ma compagne qui est restée en Belgique."

Une mission importante pour la marine belge

Cette mission intervient dans le cadre d’une demande formulée par l’OTAN à ses pays membres: en mer, comme sur terre, il faut être capable de mobiliser des moyens importants très rapidement. "La participation à une mission de l’OTAN est d’autant plus importante si l'on tient compte du contexte géopolitique avec la Russie qui se montre de plus en plus assertive. Il faut donc rassurer les partenaires, et il faut montrer la cohérence au sein de l’OTAN. Le départ de la frégate Léopold Ier fait partie de ce message que veut envoyer la Belgique, en étant un partenaire fiable de l’OTAN, "affirme Carl Gillis.

La Belgique répondra-t-elle favorablement à la demande des USA ?

Le 30 juillet dernier, la Belgique a reçu une demande formelle de la part des Etats-Unis de participer à une mission maritime de sécurisation du détroit d’Ormuz, théâtre des tensions entre l’Iran, Londres et Washington. Actuellement, notre pays possède deux frégates, le Léopold Ier qui vient de partir dans le cadre de la mission de l’OTAN, et le Louise-Marie. Mais cette dernière n’est pas capable techniquement de réaliser ce genre de mission. Si la Belgique décide de soutenir les Etats-Unis dans le détroit d’Ormuz, il faudrait détourner le Léopold Ier de sa mission de l’OTAN et partir sur un tout autre théâtre d’opérations au large de l’Iran. La Défense a déclaré que c’était tout à fait possible. Cependant, dans ce cas-là, il s’agirait d’une décision purement politique.

La frégate Léopold Ier, l’un des fleurons de la Marine

La frégate Léopold 1, qui a appareillé vendredi pour une mission de près de cinq mois dans l’océan Atlantique dans le cadre de l’Otan, est l’un des deux navires de cette classe de la Marine. Tous deux ont été rachetés d’occasion aux Pays-Bas en décembre 2005 pour 230 millions d’euros, un montant qui couvrait leur achat, celui d’un lot de pièces de rechange et de munitions, la documentation technique, l’entretien planifié de l’un des deux navires et la modification du pont d’envol pour pouvoir embarquer un NH90.

Le Leopold 1 (l’ex F-827 Karel Doorman de la marine néerlandaise) a été livré en mars 2007 et déclaré opérationnel l’année suivante. Il a effectué entre le 1er mars et le 31 mai 2008 sa première mission en assurant le commandement du volet naval de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) en Méditerranée orientale. Le Louise-Marie (F829 Willem van der Zaan sous pavillon néerlandais) a pour sa part été livré en avril 2008. La frégate a été déclarée pleinement opérationnelle en mai 2008 et a participé à plusieurs reprises à l’opération européenne Atalanta de lutte contre la piraterie somalienne.

Ces navires vieillissants en dépit d’une modernisation à mi-vie – ils sont entrés en service dans les années '90- doivent être remplacés par deux nouvelles frégates multi-rôles dans le cadre d’un programme mené en collaboration avec les Pays-Bas, qui en assurent la direction.