La formation initiale des enseignants devrait être allongée à 4 ans à partir de 2022, en principe

C’est un dossier dont on parle depuis de nombreuses années, près de 10 ans, celui de l’allongement de la formation initiale des enseignants. Il s’agit d’augmenter d’une année la formation, actuellement de trois ans, des futurs instituteurs maternels et primaires ainsi que celle des professeurs du secondaire inférieur. 

Le but est de réduire l’écart avec la formation des professeurs de 4e, 5e et 6e secondaire qui, eux, sont formés en 5 ans. Sous la précédente législature, le projet a été validé. L’actuel gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles prépare la mise en œuvre annoncée pour 2022.

Un projet vieux de près de 10 ans

C’est en 2012 que Jean-Claude Marcourt (PS), alors ministre de l’Enseignement supérieur obtient le feu vert du gouvernement de ce qu’on appelait encore la Communauté française pour entamer la concertation avec les acteurs du secteur de l’Enseignement afin d’ouvrir le chantier de la réforme de la formation initiale des enseignants.

A l’époque, l’idée est d’allonger la durée des études des instituteurs et des régents de 3 à 5 ans. Cette réforme aurait des avantages tels qu’augmenter le nombre et la durée des stages en cours de cursus et donc la qualité de l’enseignement, de gommer la distinction entre les études en 3 et 5 ans. On devrait aussi revoir à la hausse le salaire des instituteurs et des régents et, pourquoi pas, l’aligner sur celui des enseignants du secondaire supérieur.

Déjà en 2012, le ministre Marcourt avait annoncé la couleur : il faudrait du temps pour mettre la réforme sur les rails. "La réforme est extrêmement longue, et elle a un coût", avouait Jean-Claude Marcourt. Il imaginait alors une mise en place en 2015-2016, "si le gouvernement suit et qu’ensuite nous avons les experts et la communauté éducative qui embraient", avait-il ajouté.

Force est de constater que ce projet a nécessité plusieurs législatures pour avancer. En 2016, alors que la réforme aurait dû, selon les plans initiaux, entrer en vigueur, Jean-Claude Marcourt, toujours ministre de l’Enseignement supérieur annonce que la formation initiale des instituteurs et enseignants du secondaire inférieur ne sera pas allongée à quatre années avant la rentrée de septembre 2019.

En mai 2017, le projet semble suffisamment mûr. Le gouvernement de la Communauté française adopte la réforme de la formation initiale des enseignants. On annonce alors que la formation des instituteurs et des régents passera de 3 à 4 ans à la rentrée 2019 : trois ans dans une Haute Ecole comme aujourd’hui, puis une année supplémentaire à l’université.

Envoyé au Parlement de la Communauté française, le projet est approuvé en commission en janvier 2019. L’objectif est alors que le cursus des instituteurs et maîtres soit porté de 3 à 4 ans, dès la rentrée 2020…

Une réforme désormais prévue pour la rentrée 2022

Ce vendredi 30 avril, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté, en deuxième lecture, l’avant-projet de décret réformant l’éducation initiale des enseignants. L’actuelle majorité avait différé la mise en œuvre du texte pour y apporter différentes adaptations.

Invitée de l’émission Matin Première, ce lundi sur la Première, la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny (MR) a abordé le sujet. La réforme devrait entrer en vigueur à la rentrée 2022. On parle bien de 4 ans d’études pour les futurs enseignants. Il y aura une spécificité : le statut d’étudiant-professeur. Lors de la quatrième année d’étude, l’étudiant sera plus plongé dans la pratique : "Le but est de permettre aux étudiants, dont on sait que 25% à ce stade abandonnent la profession au bout de leur première année de pratique, de s’arrimer dans le métier, de réussir l’entrée dans la profession", a expliqué Valérie Glatigny.

Quel sera le salaire des futurs enseignants, après 4 ans de formation plutôt que 3 ?

L’un des objectifs initiaux de cette réforme était de revaloriser le salaire des enseignants, de la maternelle au secondaire inférieur. Il y a toujours aujourd’hui cet objectif d’une "revalorisation barémique soutenable". Il reste à voir comment y parvenir.

Actuellement, un enseignant formé pendant trois ans sera payé selon le barème "301". En début de carrière, le traitement mensuel brut sera de 2478,23 euros. Il sera de 4304,75 euros bruts après 27 ans de carrière. Un enseignant formé à l’université, en 5 ans, sera payé selon le barème "501". Il démarrera sa carrière à 3095,07 euros bruts pour arriver à 5459,51 euros après 27 ans de carrière.

L’idée serait de trouver un juste milieu entre ces deux barèmes "301" et "501", mais lequel ? Cela devrait faire l’objet de discussions au sein du secteur de l’Enseignement. Ces négociations devraient débuter cet été. Elles s’annoncent périlleuses. Ce matin, sur les ondes de La Première, la ministre Glatigny est restée prudente. En juillet, les négociations commenceront formellement pour la rémunération. "C’est une question très importante qu’il faut étudier. L’objectif, c’est de pouvoir avoir une éventuelle revalorisation, mais tout en gardant une trajectoire soutenable pour la Fédération Wallonie-Bruxelles", a déclaré la ministre.

Avec un déficit budgétaire annoncé tournant autour du milliard d’euros, les finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles, loin d’être au beau fixe, risquent de ne pas pouvoir permettre de faire des miracles.

Pénurie d'instituteurs: JT

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