La Flandre transfère chaque année 7 milliards à la Wallonie

Le 6 janvier 2005, Bart De Wever à Strépy-Thieu. Stop aux transferts, dit-il.
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Le 6 janvier 2005, Bart De Wever à Strépy-Thieu. Stop aux transferts, dit-il. - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Souvenez-vous: en 2005, Bart De Wever débarque au pied de l'ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu. Il est à la tête d’un convoi de camions sensés transporter l’argent que la Flandre débourse pour la Wallonie. L’image est forte et elle persiste. Mais quels sont réellement les montants des transferts inter-régionaux? La Flandre donne-t-elle toujours autant aux autres régions?

Si on analyse finement la situation, on se rend compte qu’en Belgique, les transferts ne sont pas strictement Nord-Sud. L’axe qui traverse le pays entre Anvers et Arlon génère une prospérité qui bénéficie à sa périphérie. Christophe Ernaelsteen, de l’Université de Namur, l’a vérifié dans l’étude qu’il vient de publier. Bénéficient surtout de ces transferts: le Limbourg et la province de Liège et les arrondissements qui suivent la frontière française entre la côte belge et le Hainaut

9% de déficit

Mais la situation politique implique une autre vision. Ce qu’on retient finalement c’est qu’il sort annuellement de Flandre environ 7 milliards d’euros au bénéfice de la Wallonie. Le chiffre est alarmant. Surtout si ces transferts s’arrêtent. "La Wallonie se retrouverait, explique Christophe Ernaelsteen, à environ 9% de déficit. C’est considérable!".

Enclencher le turbo

Depuis une dizaine d’années environ, croissances économiques de Flandre et de Wallonie sont comparables. C’est bien, disent les chercheurs. Mais pour rattraper leur retard, les Wallons devraient en faire d’avantage.

Pour Didier Paquot, directeur du département économie à l’Union Wallonne des Entreprises, "on va dans le bon sens mais ce n’est pas suffisant. Il y a des moyens à notre disposition : améliorer le marché de l’emploi, accélérer la réindustrialisation. Mais, conclut-il, il faut mettre le turbo".

Plutôt moins qu’ailleurs en Europe

Si les transferts s’arrêtaient tout net, selon les chercheurs namurois, les retombées seraient négatives pour toutes les régions : fin des économies d'échelle, augmentation de la charge de la dette... Alors que - et l’étude le rappelle - les transferts en Belgique sont plutôt dans la moyenne inférieure de ce qui se passe ailleurs en Europe.

Dans le contexte belge, il serait pourtant dangereux que les Wallons se reposent sur cette seule perspective. Pas sûr que cet argument convainque encore longtemps ceux qui délient les cordes de la bourse.

@Carl Defoy

 

 

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