La fin de la TVA à 6% annoncée par le ministre des Finances déplaît au secteur Horeca : "On est toujours noyés"

Pour aider les restaurateurs, longtemps fermés à cause de la crise du coronavirus, le gouvernement fédéral avait baissé le taux de TVA à 6%. Mais le ministre des finances l’a annoncé dimanche, la mesure devrait s’arrêter dès la fin du mois. Retour à une TVA de 21%. Cela ne ravit pas un secteur qui n’a pas encore retrouvé sa vitesse de croisière

Le secteur Horeca n’a pas encore retrouvé son rythme d’avant crise

Les représentants du secteur Horeca dressent un bilan mitigé après ces quelques mois de reprises des activités. A Bruxelles, où le tourisme n’a pas vraiment repris, pas plus que les voyages d’affaires, la fédération bruxelloise de l’Horeca estime que dans l’hypercentre de la capitale, la chute du chiffre d’affaires a été de 85%. Dans les centres d’affaires, la dégringolade serait de 63%.

"Le secteur n’est pas sorti d’affaire", estime Fabian Hermans, administrateur délégué de la Fédération bruxelloise de l’Horeca. "En Flandre, on a la tête juste hors de l’eau. En Wallonie, on est juste à ras de l’eau. Pour Bruxelles, on est toujours noyé, on est toujours en perte actuellement", souligne Fabian Hermans.

Pour ce dernier, c’est clair, tant que tourisme et les voyages d’affaires n’auront pas repris, "Bruxelles ne va pas s’en sortir".

Dans ce contexte, la TVA à 6% est perçue comme une bouée indispensable

Dès lors, pour ce secteur Horeca, le souhait du ministre des Finances de mettre fin au taux de TVA réduit à 6% à partir d’octobre n’est pas une bonne nouvelle.

"La restauration, en fonction des lieux redémarre, mais elle redémarre avec un bras cassé et une jambe boiteuse", explique l’administrateur délégué de l’Horeca bruxellois. Pour lui, faire remonter le taux de TVA dans l’Horeca est envisageable, mais pas tout de suite. "On ne demande pas cela définitivement. On demande une mesure courte, de trois à six mois et on verra à ce moment-là les effets de cette baisse de la TVA", explique-t-il. "Cela va permettre de sauver l’emploi et des entreprises".

Et Fabian Hermans d’expliquer que cette baisse de TVA va permettre d’avoir de la trésorerie et de sauver les emplois qu’il reste. "Remettons la TVA à 21% et on va rediminuer les marges. Aujourd’hui, ces marges ont servi à payer les dettes du passé, des dettes fiscales, des dettes ONSS qui étaient en attente de remboursement à cause de la crise Covid".

C’est pour cette raison, que selon le secteur, le maintien d’une TVA à 6% est encore nécessaire, pour rembourser ce qui doit l’être. A Bruxelles, 30.000 emplois sont concernés. A l’échelle du pays, c’est 180.000, selon la fédération Horeca.

Sur le sujet : JT 20/09/2021

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