La fiabilité du vote papier remise en cause par la société Stésud

La fiabilité du vote papier a été remise en cause par l'entreprise Stésud
La fiabilité du vote papier a été remise en cause par l'entreprise Stésud - © RTBF

C’est acquis, la Wallonie va abandonner le vote électronique pour les élections communales de 2012. Du coup, l'entreprise Stésud, prétendante à l'organisation technique du vote électronique, a produit une étude sur le vote papier. D'après celle-ci, la précision du dépouillement du vote papier est génératrice d’erreurs.

25 erreurs par bureau de vote, c'est la fréquence constatée lors d'une simulation de dépouillement du vote papier. Stésud, la société qui a réalisé cette étude est concernée au premier chef par l'arrêt du vote électronique en Wallonie. 

En tant que prétendante à l’organisation technique du vote électronique pour les scrutins wallons, elle perd ici un marché estimé à plus de 300 000 euros avant même d’avoir pu répondre à un appel d’offre. 

Pour son administrateur, Patrick Evrard, c'est le dépouillement du vote papier qui pose problème. Ce dernier souligne que les différentes opérations effectuées par les assesseurs génèrent des erreurs : la dictée des résultats, la prise de notes, l’encodage, etc. Voilà autant d’étapes potentiellement falsificatrices, volontairement ou non, des résultats des urnes.

Pour remédier à ces potentielles erreurs ou manipulations, Stésud proposait un système mixte entre vote papier et électronique, avec un dépouillement électroniquement assisté.

Le crayon dit "intelligent" ne le serait pas tant que ça

Mais le ministre des Pouvoirs locaux et de la Ville, Paul Furlan (PS), n'a pas retenu cette solution.

Pour 2014, la Wallonie cherche à mettre en place un système de crayon dit "intelligent". Un crayon qui est loin de faire l’unanimité dans les milieux spécialisés et chez les usagers avertis.

Pour David Glaude, de l’association PourEVA (Pour une éthique du Vote Automatisé), il est assez aisé de fausser ce système. "C’est ce qui a été démontré en Allemagne (…), les élections à Munich devaient être organisées avec des crayons optiques en 2008 mais cela a été annulé parce que cela ne correspondait pas à un système contrôlable", rappelle-t-il.

Selon Paul Furlan, le niveau fédéral et la Flandre ont pourtant montré de l'intérêt pour ce crayon intelligent. Ce malgré un rapport d'un cabinet d'audit privé qu'un vent favorable nous a fait parvenir. Un rapport qui s’avère, lui, extrêmement défavorable à la solution du crayon électronique.

Quoi qu'il en soit, c'est le ministre lui-même qui aura le dernier, et comme il l'a précisé lui-même, son premier souci sera le coût.

"Aucun système n’est parfait", précise le ministre Furlan, "et aujourd’hui aucun système, à des coûts raisonnables, n’est directement applicable sur le marché". Le papier s'impose donc par défaut, du fait de son coût plus limité.

Avec ce retour au papier, la Wallonie suit en outre la plupart des pays européens qui avaient cédé aux sirènes de l'électronique. Le vote papier et ses risques d'erreurs ou de manipulations semblent donc encore avoir de beaux jours devant eux.

Himad Messoudi avec Julien Vlassenbroek

 

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK