La FGTB annonce "des actions dures" pour la rentrée, "l'heure est à la mobilisation"

Comme son président, le secrétaire fédéral de la FGTB n'a pas mâché ses mots sur les antennes de Matin Première ce jeudi à propos des nouvelles mesures budgétaires annoncées par le gouvernement Michel.  

Pour Jean-François Tamellini, "la concertation sociale n'existe plus". "On essaie de négocier depuis 4 ans (...) On a fait la démonstration que l'on essayait de négocier, que l'on mettait des propositions constructives sur la table, ils (les ministres du gouvernement Michel, ndlr) les déchirent une à une. On est à l'heure aujourd'hui de la mobilisation et de mettre en place des actions dures contre ce gouvernement qui nous fait très mal (...) il faut maintenant passer à l'action !".

"C'est la FEB qui écrit les lois dans ce pays"

Pour le secrétaire fédéral de la FGTB, "c'est à nouveau les plus précarisés qui paient la facture de la mauvaise gestion du gouvernement pendant que ceux qui ont joué au casino et on perdu, eux, sont récompensés".  

"C'est la FEB (Fédération des entreprises de Belgique, ndlr) qui écrit les lois dans ce pays", affirme-t-il. Parce que les trois mesures phares du budget (la dégressivité des allocations de chômage ; limiter la RCC, le chômage avec complément d'entreprise, à 60 ans ; les barèmes liés à l'ancienneté), sont les demandes historiques de la FEB. 

A côté de cela, il y a eu discussions entre employeurs et syndicats où il n'y a jamais été question de dégressivité, affirme Jean-François Tamellini qui parle de "duperie".

Comment résoudre le problème des métiers en pénurie ? 

A la question de savoir s'il ne s'agit pas de mesures chocs pour résoudre le problème des 130.000 postes vacants, il répond que ces "pénuries sont organisées. Parce que quand on paie mal un emploi, on n'est franchement pas tenté d'y aller". Et de prendre en exemple une travailleuse titre-service : "On lui propose un salaire de misère, un temps partiel, un CDD, un intérim, et on lui dit, vous devez avoir une voiture, mais comment c'est possible ça ? Donc ces pénuries sont organisées. Les solutions que nous avons mises sur la table c'est d'avoir des incitants et pas des bâtons systématiquement. Ici, le gouvernement fait comme d'habitude, ce sont des bâtons qui précarisent les plus défavorisés. Ce n'est pas la voie à suivre"

Et de poursuivre : "Il y avait une loi de 2005 qui obligeait les entreprises à mettre 1,9% de la masse salariale pour la formation de tous les travailleurs. Qu'ont fait les entreprises ? Elles ont juste formé les très hauts cadres et elles ont laissé de côté les travailleurs de base. Donc en organisant eux-mêmes des difficultés après pour répondre aux pénuries. Et deuxième élément, sur la  formation, c'est l'enseignement. Que fait ce gouvernement main dans la main avec la FEB ? C'est de casser les services publics et donc l'enseignement".

La révision des barèmes salariaux ? De la "crapulerie !"

Sur la volonté du gouvernement Michel de lier le salaire à la performance plutôt qu'à l'ancienneté, Jean-François Tamellini rétorque : "Là, on est en train de repousser les limites du cynisme à l'absolu. On n'est plus dans le cynisme, mais dans la crapulerie ! Parce que, je le répète, c'est une demande historique de la FEB et du Voka (pendant flamand de la FEB, ndlr), de supprimer les barèmes à l'ancienneté. Quels sont les arguments ? Les travailleurs plus âgés, c'est vrai on ne les engage pas. Pourquoi ? Parce qu'ils sont trop chers. Et donc les employeurs disent, pour faciliter la mobilité, qu'est-ce que l'on va faire ? On va les payer moins. Comme ça quand ils seront licenciés, ils pourront trouver un boulot, puisqu'ils seront moins payés".  

"On doit y aller très très largement", conclut-il, "on va essayer de convaincre les partenaires. On n'a pas le choix. Les travailleurs sont très mal traités, les malades, les chômeurs et l'ensemble des citoyens (...) Les instances, c'est le 28 août à la FGTB, à la CSC également".  

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