La Fédération Wallonie-Bruxelles, un nouveau départ?

Chrles Picqué (G) et Rudy Demotte (D)
Chrles Picqué (G) et Rudy Demotte (D) - © Bruno Fahy (Belga)

A partir de maintenant, on ne dit plus "Communauté Française" mais "Fédération Wallonie-Bruxelles". C'est une appellation "d'usage", ce qui signifie que dans les textes légaux, le nom ne change pas mais qu'au quotidien, c'est le nouveau nom qu'on prononce.

Pourquoi ce changement ? Parce qu'en se fédérant, ipso facto la Wallonie reconnaît Bruxelles comme une Région égale à elle, ce que Kris Peeters, le Ministre-président flamand, refuse d'accepter. Mais cette nouvelle appellation a d'autres conséquences.

Une "Fédération Wallonie Bruxelles", cela suppose que Bruxelles ne peut pas être cogérée par la Flandre (qui le souhaite) et la Wallonie (qui s'y refuse). "Fédération" signifie union de deux entités indépendantes et, plus encore que "Communauté", "Fédération", c'est le choix de faire cause commune.

Dans ce registre, Charles Picqué et Rudy Demotte annoncent même vouloir aller au-delà des compétences actuelles de la Communauté Française. Ce qui, ce lundi, a donc été initialement présenté comme un nouveau nom va en fait bien plus loin que le changement de vocable. Primo parce que les partis francophones, unanimes, répètent à la Flandre (que cela va nécessairement crisper) que Bruxelles a le droit de mener sa vie comme elle l'entend. Et secundo, parce que cette émancipation rend peu à peu obsolète la tutelle de la Communauté Française sur les matières francophones. Il ne s'agit d'ailleurs plus de gérer ce qui est strictement francophone mais plutôt ce qui concerne les Wallons et les Bruxellois dans l'intérêt des deux Régions et de tous leurs habitants et donc, pas seulement ceux qui parlent français. Rudy Demotte et Charles Picqué, ce lundi, n'ont pas seulement fait une annonce symbolique, ils ont réédité le message de primauté des Régions qu'ils avaient porté en 2008.

 

Carl Defoy

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