"La Fédération Wallonie-Bruxelles ne renouera jamais avec l'équilibre budgétaire", pour le ministre du budget Frédéric Daerden

En déficit chronique depuis des années déjà, la Fédération Wallonie-Bruxelles ne sera jamais en mesure de retrouver un quelconque équilibre budgétaire vu son mode de financement actuel, a averti lundi son ministre du Budget, Frédéric Daerden (PS).

"C’est une utopie totale de croire que le déficit pourra être ramené à zéro", a jugé lundi le ministre lors d’un premier débat en commission du Parlement de la Fédération sur les résultats du conclave budgétaire de la FWB bouclé la semaine dernière.


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"Indubitablement, nous avons trop peu de recettes par rapport à nos besoins", a ajouté M. Daerden.

Vu cette situation, l’entité devrait, d’ici la fin de la législature en 2024, terminer chaque année avec un déficit courant de l’ordre du milliard d’euros, lequel sera absorbé par l’endettement.

Chiffrée à quelque 7 milliards d’euros en 2019, la dette de la Fédération devrait ainsi atteindre 10 milliards d’euros en 2021 avant de peser entre 13 ou 14 milliards en 2024, selon les calculs livrés lundi par M. Daerden.

Pareille évolution représenterait un doublement de la dette de la FWB en cinq ans à peine.

Devant les députés, le Liégeois a toutefois assuré que ces perspectives ne constituaient pas un "cataclysme à court et moyen terme" (pour la FWB) vu sa capacité à se financer sur les marchés.

"N’ayez crainte, nous sommes pas au bord de la faillite !".

Pour M. Daerden, le taux d’endettement de la Fédération n’est d’ailleurs pas plus inquiétant que celui des autres entités, et le coût de cette dette reste tout à fait soutenable.

En effet, grâce aux taux historiquement bas, les charges d’intérêt pèsent, et continueront à peser, moins de 2% des recettes de la FWB, a-t-il assuré.

A l’inverse des Régions ou du Fédéral, la Fédération Wallonie-Bruxelles ne dispose pour rappel d’aucun pouvoir fiscal propre.

Elle est financée par le Fédéral sur base de la loi spéciale de financement des entités. Elle perçoit à ce titre une partie des recettes TVA (en baisse en raison de la crise actuelle), ainsi qu’une partie des revenus de l’impôt des personnes physiques (IPP), eux aussi sous pression en raison la crise.

Son budget annuel tourne autour de 11 milliards d’euros, dont les trois quarts servent à financer les politiques d’éducation, la compétence phare de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

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