La Fédération Wallonie-Bruxelles a 50 ans : les discours politiques questionnent l’avenir institutionnel de la Fédération

Ce lundi 27 septembre, c’est la Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Celle qui s’appelait, à sa création, Communauté française de Belgique, célèbre cette année ses 50 ans d’existence.

Chaque année, la Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles est marquée par une cérémonie officielle. Elle s’est tenue à l’hôtel de Ville de Bruxelles, ce lundi 27 septembre.

Après un discours d’accueil de Philippe Close (PS), le Bourgmestre de Bruxelles, le Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte (PS) a pris la parole.

Pierre-Yves Jeholet, le Ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles lui a succédé à la tribune.

Que veulent les francophones pour la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Dans son discours, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet a plaidé pour l’ouverture d’un dialogue entre francophones afin qu’ils déterminent ce qu’ils souhaitent faire à l’avenir ensemble dans un contexte marqué par la montée du fait régional.

Parce que la Belgique, sur le plan institutionnel, est "en constante évolution", parce qu''aucune situation ne demeure figée", parce que "notre système institutionnel […] ne restera pas figé et se transformera", Pierre-Yves Jeholet a appelé les francophones de Wallonie et de Bruxelles à réfléchir à leur avenir.

Pour lui, dans l’évolution institutionnelle, il faut viser un objectif : " la meilleure façon de servir nos concitoyens, de répondre à leurs besoins". Et donc, d’abord réfléchir aux objectifs à atteindre, avant de changer les institutions. Pierre-Yves Jeholet, on peut "discuter de tout et sans tabou, mais si nous commençons par discuter des institutions avant de nous accorder sur ce pour quoi elles doivent être utilisées, alors nous serons rapidement à nouveau dans une impasse".

"Ne nous enfermons pas dans un système où il serait plus facile et plus fréquent de changer les institutions plutôt que réformer en profondeur les politiques qui y sont menées", a encore insisté le ministre-président.

Le Ministre-président Jeholet appelle les francophones wallons et bruxellois à parler de leur avenir

"L’heure est venue pour les francophones de Belgique d’exprimer (leur) volonté (commune) et de répondre à la question de savoir ce qu’ils veulent faire ensemble à l’intérieur de la maison belge", a déclaré Pierre-Yves Jeholet. En d’autres termes, comment les francophones wallons et bruxellois doivent-ils envisager leur avenir institutionnel ? Où faut-il placer le curseur entre la Région wallonne, la Région bruxelloise et la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

"Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous différencie nous francophones, wallons et bruxellois", a souligné le Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet. "Mais je sais aussi que le fait régional a également consacré ces dernières années un certain nombre de différences et d’orientations spécifiques, dont il convient de mieux tenir compte sans doute dans les politiques à mener d’abord, et dans notre organisation institutionnelle ensuite", a ajouté Pierre-Yves Jeholet.

Alors qu’il semble probable que flamands et francophones prennent le chemin d’un nouveau round de discussions institutionnelles, Pierre-Yves Jeholet s’est adressé aux francophones. "Préparons-nous pour nous-mêmes plutôt que pour ou contre d’autres. Définissons nos besoins et nous nous définirons nous-mêmes. Le fait institutionnel n’est pas le problème, il sera toujours la solution à partir du moment où on sait ce que l’on veut y faire", a ainsi estimé M. Jeholet. 

Le Président du Parlement de la Fédération, Rudy Demotte, "avocat" de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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Le Président du Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles, Rudy Demotte (PS), s’est aussi exprimé lors de cette cérémonie officielle organisée pour les 50 ans de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans son discours, il s’est fait "avocat de la Défense", pour plaider la cause de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Il a invité à agir avec prudence, tout en estimant qu’une "réflexion entre francophones est nécessaire". Il a rappelé que la Fédération Wallonie-Bruxelles est aussi la "marque d’une unité des francophones de Belgique""J’écoute, attentivement, les divers plaidoyers pour la simplification, la simplicité. Mais ils ne doivent pas non plus succomber au simplisme", a recommandé Rudy Demotte.

Alors qu’au niveau politique, certains régionalistes convaincus verraient bien les compétences de la Fédération Wallonie Bruxelles transférées aux régions wallonne et bruxelloise, Rudy Demotte s’interroge. "La Flandre, elle-même serait-elle prête à renoncer à sa Communauté et à sa capitale ?", s’est ainsi interrogé le socialiste. "Je conjure de ne pas négliger l’approche fédératrice de notre communauté de langue et de culture. En complément et en écho aux autres Communautés", a-t-il ajouté.

Auparavant, dans son discours, Rudy Demotte n’a pas oublié de mentionner la santé financière précaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Depuis 50 ans, nous sommes restés pauvres", a-t-il souligné. Il a rappelé, au passage, que la Fédération "exerce ses compétences sans avoir le droit de gagner ses sous par elle-même", a-t-il souligné. "Ce sont les lois qui l’en privent. Les mêmes lois qui lui prêtent des dotations, la plaçant dans le rôle de l’éternelle assistée", a-t-il rappelé.

 

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