La FAPEO veut un cadastre des places disponible dans le primaire

La FAPEO veut un cadastre des places dans le primaire
La FAPEO veut un cadastre des places dans le primaire - © DIRK WAEM - BELGA

La Fédération des associations de parents de l'enseignement officiel (FAPEO) réclame l'instauration d'un cadastre des places disponibles dans l'enseignement fondamental pour aider les parents à trouver plus aisément une place pour leurs enfants dans les écoles maternelles et primaires, particulièrement dans la capitale où la situation est de plus en plus tendue.

"Il faudrait créer un point de contact centralisé où les parents à la recherche d'une place dans une école pourraient savoir directement où il reste encore des places, plutôt que de devoir contacter toutes les écoles", a plaidé la secrétaire générale, Joëlle Lacroix. Pour elle, "c'est un minimum".

Si les médias ont beaucoup évoqué ces derniers jours les difficultés d'inscription dans le secondaire à Bruxelles où 430 jeunes sont encore "sans école", la situation est aussi très difficile dans l'enseignement fondamental, selon la FAPEO.

D'après l'organisation, de plus en plus de parents se trouvent désemparés lorsqu'il s'agit de trouver une école pour leurs jeunes enfants.

"Les procédures d'inscription ne sont ni harmonisées, ni transparentes et les dates de début d'inscription varient d'une école à l'autre...", a souligné Mme Lacroix.

Si elle ne va pas jusqu'à réclamer l'adoption pour l'enseignement fondamental d'un décret Inscriptions comme il existe dans le secondaire -et que la FAPEO, tout comme les parents de l'enseignement catholique d'ailleurs, critique -, l'organisation réclame une initiative pour parvenir à plus de cohérence et de transparence pour les inscriptions en maternelle et en primaire.

Conseil de participation

La FAPEO exige aussi une plus grande concertation entre les parents d'un côté et les directions et pouvoirs organisateurs de l'autre par la mise en œuvre effective dans les établissements des conseils de participation, comme prévu par le décret Missions de 1997.

"En matière de conseils de participation, il y a du boulot", estime Maurice Decuyper, le président de la FAPEO. "Quand ceux-ci sont organisés, ils peinent à aborder les sujets sensibles comme l'échec scolaire, les frais scolaires, les appels à projets, l'hygiène, le bien-être, l'évaluation du projet, alors que c'est le rôle de l'ensemble des représentants".

Pour les parents de l'enseignement officiel, cette situation est le fruit de l'absence de contrôle et de sanction envers les écoles qui ne créent pas, ou ne font pas suffisamment vivre, ces organes de concertation.

Pour remédier à cette situation, la FAPEO propose d'obliger la publication systématique des procès-verbaux de ces conseils de participation dans un "banque carrefour" de l'enseignement. Il serait alors aisé de déceler les écoles qui ne respectent pas les dispositions légales.

Sur le terrain de la concertation toujours, la FAPEO réclame d'être reconnue par les fédérations de pouvoirs organisateurs de l'enseignement officiel - le CECP et le CPEONS -, comme l'UFAPEC l'est par le Secrétariat général de l'enseignement catholique (Segec). "Serait-ce le chaînon manquant d'une participation parentale fructueuse?", interroge Maurice Decuypere, soulignant l'importance de nouer des contacts avec ces structures "pour démarrer le dialogue constructif".

La FAPEO plaide d'ailleurs dans la foulée pour la création d'une "coupole" regroupant les différents pouvoirs organisateurs de l'enseignement officiel (Communauté française, communes et provinces, ndlr) afin de rendre le système "plus cohérent et ambitieux".

Particulièrement inquiète de la progression du redoublement, l'organisation parentale demande aussi à ce que les équipes pédagogiques puissent intégrer dans les écoles des professionnels extérieurs, comme des logopèdes, des graphothérapeutes et autres neuropsychologues.

"Il semble toujours extrêmement difficile d'ouvrir les écoles à une collaboration avec ces acteurs extérieurs alors que les enseignants se plaignent de devoir faire de plus en plus, voire de devoir tout faire", pointe le président de la FAPEO.

Enfin, celle-ci a réitéré jeudi son appel, après la suppression de l'obligation de fréquenter les cours de morale ou de religion, à créer un cours d'une heure par semaine commun à tous les élèves.

"Il s'agirait d'un cours d'éducation philosophique, d'éthique et d'éducation citoyenne", suggère Maurice Decuypere. "Comment peut-on en effet prétendre à une éducation au mieux vivre ensemble en séparant les élèves sur base de leur choix philosophique!", souligne le président de la FAPEO.

Pas de fonds publics pour construire des écoles catholiques

La  FAPEO n'est pas favorable à une éventuelle augmentation des fonds publics destinés à soutenir la construction de nouvelles écoles catholiques, comme le réclament avec de plus en plus d'insistance les pouvoirs organisateurs et les parents de ce réseau.

"De l'argent public ne peut servir à construire des écoles catholiques qui sont des bâtiments privés", a réagi jeudi la FAPEO, interrogée sur ces revendications.

Pour les parents de l'enseignement officiel, face au boom démographique, il convient de créer de nouvelles places, a priori dans l'enseignement officiel. Si le réseau libre souhaite bénéficier d'un soutien public, il n'a qu'à alors se déconfessionnaliser.

"En tant qu'organisation des parents de l'enseignement officiel, nous défendons un réseau (d'enseignement) unique public, et l'aspect confessionnel de l'enseignement libre est un frein à ce réseau unique", souligne la FAPEO.

Vendredi dernier, à l'occasion de son université d'été, le secrétariat général de l'enseignement catholique (SeGEC) avait à nouveau réclamé un soutien financier accru de la Fédération pour l'aider à construire de nouvelles écoles, et faire ainsi face au défi du boom de la population scolaire.

La Communauté française consacre 347 euros par élève et par an pour les bâtiments de son propre réseau contre 128 euros pour les bâtiments des écoles communales et provinciales, et seulement 85 euros pour les bâtiments des écoles libres, selon des chiffres du SeGEC qui réclame un financement plus "équilibré".

Au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, on se refuse pour l'heure à commenter la requête de l'école catholique qui reviendrait à revoir le Pacte scolaire, renvoyant dès lors la balle vers les états-majors politiques.

L'an dernier déjà, le président du cdH, Benoît Lutgen, avait fait sa rentrée politique sur le thème de l'égalité entre les réseaux d'enseignement.

D'après Belga

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