La famille serbe, retrouvée, doit retourner au 127bis, un "nouveau traumatisme"

La famille serbe a été retrouvée, et doit retourner au 127bis
La famille serbe a été retrouvée, et doit retourner au 127bis - © Tous droits réservés

Après avoir fui la maison de retour de Sint-Gillis-Waes (Flandre orientale) où elle avait été placée après la fin de son enfermement dans une unité familiale au centre fermé 127bis, la famille serbe a été retrouvée, annonce la VRT. La famille a été retrouvée non loin de la maison de retour, à Kruibeke. Selon l'Office des étrangers, la famille doit retourner dans une unité familiale du 127bis.

Pour rappel, la famille Breischa est composée d'une mère et de ses quatre enfants, de 1 à 6 ans. La Serbie est considérée comme un "pays sûr", mais l'origine rom de cette famille fait dire à celle-ci et à ses avocats qu'il existe un risque en cas de retour, notamment en ce qui concerne les enfants. 

Un "nouveau traumatisme" selon les avocats

Dans un communiqué, les avocats de la famille serbe "déplorent l'acharnement à l'encontre de cette famille" : "Alors que la famille ne peut être expulsée pendant la durée de la procédure d’asile, ils ont été réarrêtés de manière tout à fait inutile. Le pédiatre et le pédopsychiatre qui leur ont rendu visite au centre fermé décrivaient l’expérience traumatique de ces enfants et craignent le développement de troubles du comportement. Ils préconisent un suivi d’urgence. La réarrestation immédiate après leur libération risque d’aggraver considérablement la situation de ces enfants."

Les avocats demandent une libération immédiate, alors qu'un juge en droit des étrangers a décidé, selon les avocats, que la demande d'asile des enfants "devait être examinée plus sérieusement".

"Le délai des 28 jours reprend"

Sur Twitter, le secrétaire d'Etat à l'Asile et Migration a réagi. En déplacement à Vienne pour une conférence sur la migration organisée par le présidence autrichienne de l'Union européenne, Theo Francken indique que le délai des 28 jours a repris, et appelle les avocats "à arrêter les procédures inutiles qui n'ont aucun sens et qui crée du stress pour les enfants". 

Rétroactes

La famille Breischa est la première à avoir été enfermée dans les nouvelles unités familiales du centre fermé 127bis à Steenokkerzeel, c'était mi-août. Cette famille avait été déboutée de deux demandes de régularisation humanitaire et d'une demande d'asile, en 2011 et 2012. En 2017, par deux fois, la famille avait été placée en maison de retour, qu'elles a fui les deux fois. Le père purge une peine de prison pour vols avec violence et menace.

Un arrêté royal entrée en vigueur le 11 août a ouvert la porte à l’enfermement de familles en attente d'expulsion. La Belgique, au début des années 2000, pratiquait ce type d’enfermement avant d'être condamnée - trois fois, en 2006, 2010 et 2011 - pour avoir détenu des enfants "dans des conditions de détention constitutives de traitements inhumains ou dégradants" comme le rappelle Myria. Les nouvelles cellules familiales construites à Steenokkerzeel sont censées répondre à ces condamnations.

L'enfermement des familles est limité à 14 jours, renouvelable une fois. Passé ce délai, la famille est libérée. Dans le cas de la famille Breischa, le délai a été dépassé, la famille a été déplacée à Sint-Gillis-Waes. Sur Twitter, avant l'annonce de l'arrestation de la famille, Theo Francken a fustigé le nombre de procédures lancées par les avocats, 31. "Le seul but, dépasser le terme des 28 jours. L'objectif a été atteint : la famille se cache. Une victoire à la Pyrrhus."

Un propos suivi par le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, à son arrivée au Conseil des ministres : "Si la loi permet tant de procédures, alors il nous faut la changer"' a-t-il déclaré aux journalistes présents.

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