La division menace à l'Open Vld au sujet d'une coalition "arc-en-ciel"

Le bourgmestre de Gand Mathias De Clercq est le premier membre de l’Open Vld à plaider ouvertement pour une coalition "arc-en-ciel" au fédéral. "Se taire n’est plus une option", estime-t-il dans une carte blanche publiée dans De Standaard.

"A la place de qualifier une coalition 'arc-en-ciel' d’impossible, de pas souhaitable ou de dernière option, les socialistes, les libéraux et les verts devraient saisir cette opportunité pour opérer un changement d’avis complet. Un arc-en-ciel : non pas par nécessité, mais par conviction", estime le bourgmestre gantois qui dirige la ville grâce à une alliance Open Vld/Groen/sp.a/CD&V.

Sur les antennes de la VRT, il a confirmé ces propos. "D'autres options sont réalisables. Cela a été prouvé entre 1999 et 2003 (sous le Gouvernement Verhofstadt I, ndlr) qu'il était possible de mettre en place de bonnes réformes institutionnelles et socio-économiques pour notre pays. Je plaide pour que nous empruntions la même voie afin de briser le négativisme et revenir à un projet positif dans l’intérêt du pays, des citoyens et de mon parti".

Risque de schisme au sein des libéraux

Un tel attelage, associant libéraux, socialistes et écologistes – éventuellement avec le CD&V -, renverrait la N-VA sur les bancs de l’opposition. Mathias De Clercq estime en outre que la N-VA ne souhaite pas aller au pouvoir avec le PS de peur de se faire déborder par le Vlaams Belang tandis que le PS ne souhaite pas d’alliance avec la N-VA de peur du PTB.

Avec de tels propos, Mathias De Clercq, petit fils de Willy De Clerq, figure des libéraux flamand, va à l’encontre des positionnements entendus jusqu’ici de la part de son parti, "qui continuent de croire qu’il n’y a pas d’autre option et que la N-VA doit absolument être au gouvernement" et risque donc de provoquer un schisme au sein des libéraux où l’alliance avec la N-VA est privilégiée. Pour rappel, l’Open Vld peut faire basculer la négociation.

Le vice-Premier ministre Alexander De Croo et le chef de groupe à la Chambre Egbert Lachaert ont déjà exclu la possibilité d’une coalition "arc-en-ciel" avec une majorité de 76 sièges. "Sans le PS et la N-VA, il n’y aura pas de gouvernement stable", selon Alexander De Croo. La ligne à la tête du parti libéral flamand est qu’une coalition "bourguignonne" (N-VA, PS, sp.a, Open Vld, MR) serait "difficile", mais qu’un arc-en-ciel serait "plus difficile encore".

Mathias De Clercq ne favorise pas la piste "bourguignonne", qu’il décrit comme une coalition de "l’impuissance, de la méfiance et des chamailleries". Il considère qu’en cas de menace, les nationalistes flamands n’hésiteraient pas à quitter le gouvernement pour prouver que le gouvernement fédéral ne fonctionne pas.

Afin de soutenir sa position, Mathias De Clerq ébauche également un programme basé sur l’augmentation des allocations sociales les plus basses, une fiscalité plus juste qui taxe moins le travail mais aussi un plan climat et de lutte contre la pollution de l’air.

"Incompréhensible" pour la N-VA

La N-VA a accueilli avec étonnement cette sortie. "C’est incompréhensible que des figures importantes de l’Open Vld souhaitent prendre part au récit du PS", a estimé la députée N-VA Anneleen Van Bossuyt.

"Il est clair que nous frémissons quand nous voyons les plans du PS", rajoute la nationaliste flamande. "Ils veulent laisser les Flamands payer des milliards pour ensuite les servir à leurs électeurs. […] En plus, le PS défend une politique laxiste en matière de sécurité et d’immigration. C’est incompréhensible que des figures importantes de l’Open Vld souhaitent prendre part à ce récit", poursuit-elle.

Anneleen Van Bossuyt, également conseillère communale à Gand, affirme par ailleurs qu’elle n’est pas rassurée par la politique mise en œuvre par la coalition arc-en-ciel aux manettes dans sa ville. "Si le fédéral va dans la même direction, je crains le pire".

Si la sortie de Mathias de Clercq est encore loin de faire l’unanimité, elle a le mérite d’ouvrir un débat au sein des libéraux. Ceux-ci sont désormais partagés entre le choix d’une ligne progressiste, à l’image de ce qu’a pu faire Guy Verhofstadt ou une ligne plus droitière, proche de celle d’Alexander de Croo. Cette carte blanche permet enfin de lancer pour de bon la campagne électorale interne pour la présidence du parti prévue au printemps.

 ca doit être brisé, il y a une autre possibilité

 

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