La difficile phase post-élections des partis flamands perdants

La difficile phase post-élections des partis flamands perdants
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La difficile phase post-élections des partis flamands perdants - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Nous voici 3 semaines après les élections du 26 mai, et alors que des coalitions se discutent côté flamand comme côté francophone, certains partis engagent une phase d’introspection ou de "thérapie" post-élections, les bons résultats n’ayant pas été forcément au rendez-vous. C’est le cas en particulier côté flamand où CD&V, Open Vld et sp.a ont un peu de mal à se remettre de leur recul aux élections. La grogne est bien présente…

Le CD&V cherche un cap

Côté CD&V, l’annonce est toute fraîche : les démocrates-chrétiens ont jeté, hier mardi à l’issue d’un bureau politique, les bases d’un groupe de travail qui va plancher sur les causes du pire score électoral de l’Histoire du parti, qui va examiner de manière large le déroulement de la campagne – y compris sur les réseaux sociaux où certains de ses adversaires, dont l’extrême droite du Vlaams Belang a cartonné -, les liens avec le monde associatif, la société civile, l’électeur, l’organisation même du parti – centriste, trop centriste ? A voir… Les critiques pleuvent déjà sur le thème de campagne "la qualité de vie" et le côté trop "raisonnable" d’un parti dont le programme économique n’est pas très différent de celui de certains de ses voisins au fédéral et au niveau flamand, N-VA et Open Vld, et qui globalement a du mal à se trouver un vrai positionnement entre droite et gauche, la N-VA s’affichant de plus en plus comme une sorte de CSU allemande, nationaliste et pourquoi pas chrétienne : dès lors deux partis sur le même créneau, c’est forcément un de trop !

Ce groupe de travail lancé hier, relativement consensuel, est composé de 12 membres, plutôt jeunes, et plutôt des "seconds couteaux" qui ne devraient pas faire d’ombre. Ainsi aucune tête de liste des dernières élections mais au contraire certains "battus" du 26 mai : dans cette "jeune garde", Joris Poschet, Vincent Van Peteghem, Robrecht Bothuyne, Bart Dochy, Nathalie Muylle, Nawal Farih, Raf Terwinghen, Peter Van Rompuy, Els Van Hoof, Jef Van den Bergh, Griet Smaers et Cindy Franssen. Leur rapport est attendu pour septembre, avec une série de propositions concrètes de chantiers ou de réformes dont certaines pourraient déjà être dévoilées au cœur de l’été. L’élection présidentielle en interne est prévue pour l’automne, mais le président Wouter Beke a déjà dit qu’il ne serait "probablement" plus candidat à sa succession. Les regards se tournent vers Hilde Crevits, vice-ministre présidente flamande sortante, ministre flamande de l’Education, tête de liste le 26 mai et la seule à avoir sauvé les meubles dans sa province de Flandre occidentale face à la N-VA et au Belang. Sauf que certains lui prédisent aussi un destin de Premier ministre si le CD&V retrouvait un premier rôle au fédéral, en cas d’éviction de la N-VA… On en est loin pour le moment. Une possibilité qui ouvrirait la voie alors à la tête du parti pour Pieter De Crem, Hendrik Bogaert ou Koen Geens…

Stratégie de campagne contestée à l’Open Vld

Côté Open Vld, autre parti en recul, la tension est montée hier d’un cran et de manière imprévue, avec l’annonce d’une première candidature pour la présidence du parti, en la personne du jeune et remuant Francesco Vanderjeugd, 31 ans, bourgmestre de Staden (avec majorité absolue depuis octobre 2018) en Flandre occidentale, mais député flamand battu le 26 mai, venant contester le "tout va bien" de la présidente actuelle Gwendollyn Rutten, égratignant "sa stratégie de campagne qui aurait trop oublié les extrêmes". L’élection n’est pas prévue avant mars 2020, mais d’autres ténors pourraient aussi se déclarer – Bart Tommelein, Vincent Vanquickenborne, pourquoi pas Alexander De Croo même s’il attend plutôt un poste ministériel – et déchirer le parti.

sp.a dans une majorité ou dans l’opposition?

Autre parti en attente, le sp.a où le sort du président John Crombez dépendra beaucoup du fait que les socialistes figurent ou pas au final dans la majorité en Flandre ou au fédéral. Au niveau flamand, le "formateur" N-VA Bart De Wever les maintient pour l’heure dans son 3e round prévu de discussions très discrètes comme le CD&V, l’Open Vld, Groen et le Vlaams Belang, mais pour combien de temps encore ? Et au fédéral, les socialistes flamands n’ont pas non plus leur sort entre leurs mains, et dépendent beaucoup d’un retour du PS dans le gouvernement fédéral… Bref, les chances seraient relativement minces… Le rôle de John Crombez pourrait se voir contesté mais par qui ? Le parti a beaucoup perdu de sa superbe et ne compte plus vraiment de réels ténors. Bref, on navigue à vue.

Autant de partis à la recherche tout simplement d’un avenir…

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