La dette publique, revenue au niveau de 1999, devrait rester soutenable

En s'établissant en 2020 à 114,1% du PIB, le taux d'endettement de la Belgique est revenu au niveau de 1999. La dette publique belge s'élevait alors à 115,4% du PIB, indique l'Agence fédérale de la Dette dans son rapport annuel présenté mardi. Sur un an, il s'agit d'une augmentation de 16 points de pourcentage (98,1% du PIB en 2019). Le taux de la zone euro pointe à 98%, avec 7 Etats membres (dont la Belgique) au-dessus de cette moyenne et 11 en-dessous. Les six autres pays au-dessus de la moyenne présentent toutefois des taux d'endettement plus importants, de 115,7% du PIB pour la France jusqu'à 205,6% du PIB pour la Grèce.

En chiffre absolu, la dette belge a connu une augmentation de 10,2% en un an, passant de 467,2 milliards à 515 milliards d'euros. L'augmentation de la dette a été plus importante pour l'entité 2 (Régions et communautés), s'élevant à 23,5% contre 8,5% d'augmentation pour l'État fédéral. 

Bien qu'étant bien au-delà des accords de Maastricht demandant aux pays de la zone euro un endettement à maximum 60% du PIB (seuls 7 pays respectent ce plafond), ce taux d'endettement ne constitue pas un record, rappelle l'agence de la dette. Il s'élevait ainsi à 131,3% du PIB en 1995. 

Grâce à des taux d'intérêts toujours bas, cette dette reste donc soutenable, selon l'Agence de la Dette. "La situation actuelle dans laquelle les taux d'intérêts sur la dette publique sont inférieurs à la croissance du PIB améliore en effet considérablement la soutenabilité de la dette publique", analyse-t-elle. Dès lors, "la question fondamentale reste de savoir si ces taux resteront inférieurs à l'avenir. Actuellement, le taux d'intérêt moyen sur la dette du gouvernement fédéral sera d'environ 1,60% en 2021 et continuera normalement d'afficher une tendance baissière dans les années à venir tandis que la croissance du PIB nominal devrait être de l'ordre de 3 à 3,5%." Cela explique, selon l'Agence fédérale de la Dette, que le déficit budgétaire de 2,5% à 3% repris dans le programme de stabilité belge pour les années 2022 à 2024 ne conduira qu'à une augmentation limitée du taux d'endettement.

"Ce fut une année particulièrement difficile et éprouvante", a commenté le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V), présent à la présentation du rapport annuel. "Nous avons déployé beaucoup d'efforts pour les ménages et les entreprises dans une année d'incertitude."

Tout comme l'agence fédérale de la dette, le ministre ne voit pas non plus de problèmes pour la dette publique à court terme. Les mesures corona, qui certes coûtent cher, seront progressivement supprimées et une forte croissance économique est attendue. "À plus long terme, l'intention doit être de réduire le taux d'endettement", a ajouté le ministre. "La croissance économique ne restera pas aussi élevée que cette année et l'année prochaine, et les taux d'intérêt commenceront à augmenter à un moment donné. Nous devons donc maintenir une croissance suffisamment élevée, mais la dette à long terme (avec des taux d'intérêt bas) offre déjà un tampon pour l'avenir."

Pour couvrir ses besoins de financement, l'Agence fédérale de la dette a émis des emprunts à moyen et long terme en 2020 pour un montant de 48,5 milliards d'euros. La durée moyenne de ces emprunts était de 13,6 ans à un taux d'intérêt moyen de 0,03 %. "Cela ne nous coûte qu'environ 15 millions d'euros par an", a précisé Jean Deboutte, directeur de l'agence.

Enfin, il a été annoncé qu'une nouvelle obligation verte sera émise en 2022.

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