"La dette de la SNCB ne peut pas monter de 250 millions par an"

Le nouveau plan de transport de la SNCB a été approuvé mercredi par le gouvernement. Il sera d'application dès le mois de décembre. Jo Cornu, le patron de la SNCB, est venu dire que ce plan était là pour mieux répondre à la demande, pour s'adapter à la réalité nouvelle et pour améliorer la ponctualité et la qualité du service.

L'allongement des temps de trajets, largement critiqué dans ce nouveau plan, le CEO de la SNCB le justifie par le nombre croissant de chantiers menés par le gestionnaire du réseau Infrabel. Et promet de revenir à des horaires plus courts dès que ces travaux seront terminés, à part sur la Jonction Nord-Midi à Bruxelles, où le temps de trajet est de 13 minutes alors que le plan actuel ne prévoyait que 11 minutes. Une explication qui ne convainc guère l'association d'usagers Navetteurs.be qui parle de "goutte d'eau dans la mer" et rappelle que ce genre de promesses ont déjà été faites et jamais tenues.

Sur la faiblesse du service en zone rurale, comme par exemple dans le Sud Luxembourg où des trains seront supprimés, Jo Cornu répond qu'il y a eu un effort de concertation unique dans l'histoire du rail belge et que le nouveau plan répond aux demandes. Pour mieux desservir les zones rurales, il préconise de mieux accorder ses violons avec les compagnies de transport régionales, comme les TEC en Wallonie. "On fera le nécessaire", dit-il. Mais ça se sera pour 2015.

Le RER arrive

Le RER est aussi annoncé en gare, dès la fin de l'année, si l'on en croit le plan nouveau. Jo Cornu rappelle que sur les trains express régionaux prévus dans le plan original du RER pour 2015, 60% roulent déjà actuellement. "Mais bien entendu, il faut aller au-delà", le service nouvellement créé au sein de la SNCB est là pour cela. L'offre sera élargie en trois étapes : fin 2014, fin 2015 et fin 2016 où l'offre de RER prévue pour fin 2015 sera prête. Le reste dépendra des investissements et de l'avancement des travaux chez Infrabel.

Les nouveaux trains Desiro de Siemens tombent en panne souvent, trop souvent, tous les 8000 km. Or ce sont ces rames qui doivent assurer le service du RER. Jo Cornu explique ces avaries par des "maladies d'enfance" de trains construits sur mesure "à cause du manque de standardisation des chemins de fer européens". Un programme de correction de ces défauts est sur les rails, promet Jo Cornu.

Sabena

Sur l'avenir de son entreprise, le patron de la SNCB revient sur la comparaison alarmiste qu'il avait faite dans une interview à Knack à propos de la dette de la SNCB qui se creuse de 250 millions d'euros par an : "Trois jours avant la faillite de la Sabena, les pilotes étaient encore en grève. Pour juste montrer l'inconscience qu'il y avait de l'état de la compagnie".

"On ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas laisser monter la dette de 250 millions d'euros chaque année", avertit-il, la fusion de la SNCB et de la holding produira ses économies, comme prévu par le gouvernement, citant l'exemple des doubles services financiers, qui seront fusionnés.

@jfherbecq

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