"La démocratie des réseaux sociaux, c'est l'illusion de la participation"

Menacé et insulté sur les réseaux sociaux, le ministre germanophone de l'Enseignement a démissionné cette semaine. Un geste fort pour une prise de conscience de la violence de ces réseaux et leur impact sur notre système démocratique... Avec quels risques? Pour en débattre sur le pateau de CQFDCaroline Sagesser, chargée de recherche au CRISP et Salma Haouach, responsable presse du MR.

Sur les réseaux sociaux, c'est comme s'il y avait une autorisation d'aller trop loin

La démission d'un ministre pour ces raisons est "consternante", réagit Caroline Sagesser: "il y a d'une part le harcèlement dont il a été victime sur les réseaux sociaux, et d'autre part des éléments de sa vie privée qui ont été jetés en pâture. C'est une deuxième transgression tout aussi grave et dont on a pas l'habitude en Belgique où la vie privée des hommes et femmes politiques est globalement bien respecté".

Pour Salma Haouach, la personnalité joue beaucoup: "il y a des gens qui ne suscitent pas naturellement de polémique, et d'autres qui attirent davantage l'attention [...] L'exercice de communication politique aujourd'hui passe obligatoirement par les RS. Malheureusement, sur ces réseaux, c'est comme s'il y avait une autorisation d'aller trop loin et ça c'est inadmissible", regrette la responsable presse du MR.

Les politiques entretiennent un rapport ambivalent aux réseaux sociaux, qu'ils utilisent aussi pour "augmenter leur capital social". Caroline Sagesser pointe un moment particulier depuis la crise sanitaire qui a aussi polarisé les débats: "d'une part, le politique s'est invité dans tous les foyers. Ca a incité les gens à se manifester davantage par rapport à la chose publique. D'autre part, on a tous eu plus de temps aussi, et certaines personnes ont utilisé les réseaux sociaux comme exutoire sans pour autant être dans les meilleures conditions psychiques pour le faire".

Les RS permettent-ils une meilleure démocratie?

Salma Haouach relève la facilité d'interpellation et d'interaction sur les réseaux sociaux. Caroline Sagesser, elle, parle plutôt de frustration et d'illusion de participation. "Ca ne remplacera jamais une injection de participation citoyenne dont notre système a bien besoin", conclut la chargée de recherche au CRISP.

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