La Défense clôt en toute discrétion l'ère de ses derniers avions Embraer et A321

La Défense clôt en toute discrétion l’ère de ses derniers avions Embraer et A321
La Défense clôt en toute discrétion l’ère de ses derniers avions Embraer et A321 - © DIRK WAEM - BELGA

Le ministère de la Défense a fait mercredi ses adieux dans la plus grande discrétion aux avions "régionaux" de transport de passagers Embraer, que le 15e wing de la composante Air utilisait depuis près de vingt ans et que l’armée a revendu à une compagnie aérienne française, a-t-on appris de sources concordantes.

Les deux derniers appareils – des ERJ-135 à 34 sièges – ont quitté en matinée leur base d’attache, l’aéroport militaire de Melsbroek, pour rejoindre l’aéroport de Brest-Bretagne (ouest de la France), d’où opère l’acheteur, la compagnie Amelia.


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La Défense avait vendu le 19 décembre 2019 ses quatre Embraer – deux ERJ-135 et deux ERJ-145 équipés de 49 sièges – à Amelia by Regourd Aviation, une filiale du groupe français Regourd Aviation pour un prix qui n’a pas été révélé.

Direction le privé

Cette compagnie enrichit ainsi sa flotte d’avions régionaux – composée d’Embraer, d’ATR 72, de Falcon 900 et de Beechcraft 1900C – utilisés pour des vols réguliers et sanitaires, des "vols régionaux à la demande", du transport de personnel et des vols d’affaires.

Amelia avait déjà pris livraison d’un ERJ-145, l’appareil immatriculé CE-03, le 18 novembre dernier. Mais l’autre avion de même type, qui devait être livré début décembre était toujours mercredi à Melsbroek, en panne, selon une bonne source.

Les quatre Embraer avaient été achetés en octobre 2000 par le ministre de la Défense de l’époque, André Flahaut, à l’approche de la présidence belge de l’Union européenne du second semestre de l’année suivante. Les livraisons avaient débuté en juin 2001.


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Ces avions étaient devenus au fil des ans les bonnes à tout faire du transport de passagers de l’armée – avec comme "clientèle" la famille royale, les membres du gouvernement, des contingents militaires déployés à l’étranger et des hauts responsables de l’Otan et de l’Union européenne. Ils pouvaient même être convertis en ambulance volante pour procéder à des missions d’évacuation médicale ("MedEvac" en jargon militaire).

Une carrière bien remplie

Selon des chiffres arrêtés au début du mois, ces avions ont au total accumulé en près de vingt ans 36.780 heures de vol effectuant plus de 20.000 vols et 24.750 atterrissages (9493 heures et 6776 atterrissages pour le CE-01, 9225 et 6424 pour le CE-02, 9494 et 6068 pour le CE-03 et enfin 8562 heures et 5477 atterrissages pour le CE-04).

Cinquante-sept pilotes militaires ont volé sur les deux types d’ERJ, qui ne nécessitaient pas de qualification différente.

Au sein du 15e wing, les quatre Embraer ont été remplacés par deux avions d’affaires haut de gamme Falcon 7X – qualifiés de "Long Range Jet" (LRJ) par les militaires en raison de leur rayon d’action transatlantique – que la Défense a pris en location en "dry lease", c’est-à-dire les avions seuls, sans équipage, qui restent militaires. Ce contrat, d’un montant de 124 millions d’euros sur douze ans, a été conclu fin 2019 avec Luxaviation.

Un de ces Falcon a servi la semaine dernière à rapatrier en République démocratique du Congo (RDC) deux ressortissants congolais déboutés de leur demande d’asile en Belgique. C’était le premier vol du genre depuis le début de l’épidémie de coronavirus en mars, selon le secrétaire d'Etat à l’Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V).

Quant à l’Airbus A321-231, d’une capacité de 152 passagers loué depuis mai 2014 à la compagnie portugaise HiFly, il effectuera jeudi son dernier vol au départ de Melsbroek avant d’être restitué avant la fin de l’année à son propriétaire, selon des sources militaires.

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