La décadence du Front National belge se poursuit

Patrick Cocriamont
Patrick Cocriamont - © Archive Belga - Virginie Lefour

Le Front National belge traverse de nouvelles turbulences avec la décision du bureau du parti la semaine dernière de débarquer son président, l'ancien député Patrick Cocriamont, ainsi que trois autres délégués, accusés de vouloir fonder un nouveau parti en utilisant le nom, le sigle et la flamme du Front National.

"Une majorité du bureau politique a décidé la semaine dernière qu'ils avaient fait sécession du parti", a indiqué dimanche l'ancien député wallon Charles Pire, à présent président faisant fonction du parti. Selon lui, c'est le nouvelle ligne politique moins extrémiste imprimée par Marine Le Pen au FN français qui serait à l'origine de la bisbrouille.

Patrick Cocriamont et ses fidèles souhaitant en rester à une ligne plus dure, d'après Charles Pire, désireux, lui, de coller à l'évolution du parti en France. Charles Pire affirme d'ailleurs avoir signé la semaine dernière un accord avec le parti de Marine Le Pen quant à l'usage en Belgique du nom, du sigle et de la flamme du FN. 

Un "putsch" comme dernier épisode en date d'une saga pathétique

"C'est un putsch", a réagi Marco Santi, l'un des délégués écartés avec Patrick Cocriamont. 
"Charles Pire a pris la présidence à Cocriamont sans respecter les statuts du parti. Patrick Cocriamont est président (du FN) jusque fin 2012. Il est donc toujours le président". 

"On ne va pas rester les bras croisés, mais on va décider de la suite à donner à tête reposée", ajoute Marco Santi, qui annonce une réaction du clan Cocriamont sous peu. 

Longtemps divisé en deux entités revendiquant le même nom, le Front National belge s'était "réunifié" au printemps 2010 en vue des élections législatives anticipées du 13 juin où il n'avait pu, avec ses 33 500 voix, décrocher aucun strapontin, un résultat bien en deçà de son résultat de 2007.

Créé dans les années 1980, le parti d'extrême droite et son "Président à vie", Daniel Féret, accumulent les déboires judiciaires dès le milieu des années nonante. Depuis l'exclusion de Daniel Féret en 2007, suite à plusieurs inculpations, le parti n'a cessé d'être le théâtre de conflits concernant la succession du docteur Féret à la tête du FN belge. 

Les évènements de ce dimanche ne sont donc que le dernier épisode d'une longue et pathétique saga.
 
Julien Vlassenbroek avec Belga
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