La croissance économique belge s'atténue: elle reste dans le peloton de queue de l'Union européenne...

La croissance économique belge devrait s'atténuer à 1,5% en 2018 et 2019, puis à 1,4% en 2020, la hausse de la demande intérieure étant compensée par un affaiblissement du commerce mondial. C'est là un effet comparable à ce que l'on constate dans la zone euro, où la croissance se tasse après une année 2017 qui a constitué un pic en dix ans. Pour autant, la croissance belge reste bien inférieure à la moyenne de la zone, qui est pour ces trois années de 2,1%, 1,9% et 1,7%.

"L'assainissement pèse sur la croissance, parce que les dépenses publiques font aussi partie du PIB", répond M. Van Overtveldt, pour qui le gouvernement réalise aujourd'hui "ce qui aurait dû être fait il y a dix ans". Et à long terme, "nous en récolterons les fruits", augure-t-il.

Le ministre justifie aussi la différence de croissance avec celle de la zone euro par le fait que les autres pays ont davantage souffert de la crise que la Belgique, et connaissent de ce fait aujourd'hui une croissance plus forte.

La dette publique de la Belgique devrait descendre sous le cap symbolique des 100% du produit intérieur brut (PIB) en 2019, a indiqué jeudi la Commission européenne en présentant ses prévisions d'automne, qui confirment en revanche une croissance belge bien inférieure à celle de la zone euro.

Venant de 106,5% en 2015, la dette belge devrait s'établir à 101,4% cette année, avant de descendre à 99,8% l'an prochain et 98,7% en 2020.

Au printemps dernier, l'exécutif européen voyait encore cette dette à 100,2% en 2019. Attention toutefois, note la Commission derrière cette bonne nouvelle: le rythme de réduction de la dette ralentit.

Le déficit budgétaire, lui, affiche une tendance négative. Si la Commission le chiffre à -1,1% en 2019 - alors qu'elle l'estimait encore à -1,3% au printemps -, elle considère qu'il passera bien à -1,3% en 2020. La Commission fait notamment le lien avec la seconde phase du tax shift mise en œuvre cette année et la troisième à venir l'an prochain.

Le déficit structurel suivrait la même tendance -1,3% en 2019 et -1,7% en 2020. Et ce alors que le gouvernement fédéral a de son côté fixé 2020 comme année du retour à l'équilibre budgétaire. Mais la Commission se base sur des projections à politique inchangée.

Pour le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA), ces prévisions sont encourageantes. "La Commission européenne confirme que le déficit budgétaire est moindre que prévu. Venant d'un déficit de 3%, les deux tiers du chemin ont été parcourus", souligne-t-il dans un communiqué.

Parmi les prévisions positives de la Commission pour la Belgique, on notera aussi le taux de chômage, qui passerait sous les 6% (5,9%) en 2020 alors qu'il était à 8,5% il y a trois ans. Le taux de chômage est estimé à 6,4% cette année et à 6,1% en 2019, soit un niveau plus bas que celui estimé pour l'UE27 (7,4% en 2018 et 7% en 2019), et bien meilleur que la zone euro (8,4% en 2018 et 7,9% en 2019).

La croissance de l'emploi, quant à elle, resterait solide (1%) cette année, avant une décélération les deux années suivantes (0,7% puis 0,6%).

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