La crise du coronavirus coûte 39 millions d’euros aux écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, selon le SEGEC

Cela fait un mois que les cours ont repris dans la plupart des écoles du pays. La situation dans les établissements scolaires n’est évidemment pas la même qu’avant la pandémie du coronavirus. Lavage des mains, horaire fractionné, présence limitée des élèves, restriction des déplacements dans l’établissement, report de certaines activités scolaires… Les écoles ont dû s’adapter pour accueillir les élèves et essaient tant bien que mal de reprendre un cours normal. Mais c’est loin d’être évident. D’autant que le coronavirus pèse sur les finances des écoles.

Le SeGEC, le Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique, a mené une enquête auprès des établissements scolaires qui relèvent de son réseau, soit un peu d’un millier (801 établissements dans l’enseignement fondamental, 332 dans l’enseignement secondaire, 25 en promotion sociale, 39 internats et 91 CPMS). La moitié de ces établissements, tous niveaux confondus, a chiffré l’impact financier de la crise sanitaire. Les résultats sont alarmants.

Un trou de 15 millions d’euros pour l’enseignement catholique

La crise du coronavirus a conduit les établissements scolaires à prendre toute une série de mesures : pose de plexiglas, achat de gels et de savons, marquages au sol, nettoyages supplémentaires des locaux ou encore l’annulation des fêtes et fancy-fair.

Toutes ces mesures sanitaires représentent un coût pour l’école. Selon les calculs du SeGEC, et sur base des données fournies par les écoles qui ont répondu à l’enquête, ce coût se chiffre à 10.972 euros pour une école fondamentale, 15.977 euros pour un établissement secondaire, 2948 euros pour un établissement actif dans la promotion sociale, 27.796 euros pour un internat et 691 euros pour un CPMS.

Les internats apparaissent donc comme les grands perdants de cette crise du coronavirus. La raison est liée à la longue fermeture de ces établissements. D’ailleurs, aujourd’hui, sur les 21 internats qui ont répondu à l’enquête du SeGEC, seulement 8 ont rouvert leurs portes. Les 15 autres sont restés fermés.

Ainsi, en multipliant ces chiffres par le nombre de ses établissements scolaires, le SeGEC conclut que la crise du coronavirus entraîne un coût de 15 millions d’euros (hors les bons à valoir des voyages scolaires) pour l’enseignement catholique, soit 4,6% des subventions de fonctionnement tous niveaux confondus.

Situation de trésorerie inquiétante

Parmi le millier d’établissements scolaires qui a répondu à l’enquête, 13% d’entre eux estiment être "en grande ou très grande difficulté de trésorerie". Ceci est évidemment une moyenne. Car, parmi les établissements, il apparaît – encore une fois – que ce sont les internats qui sont le plus à plaindre. 38% d’entre eux se disent en grande difficulté. Alors qu’il n’y a que 7% d’établissements secondaires dans le cas. Précisons que l’enseignement secondaire est le plus subsidié. Ce qui explique sans doute cela.

Du côté de l’enseignement fondamental, 15% des écoles estiment être aussi en grande ou très grande difficulté de trésorerie. Enfin, 20% des établissements de promotion sociale déclarent être dans le cas.

Un trou de 39 millions d’euros pour l’ensemble des établissements scolaires en Fédération Wallonie-Bruxelles

En extrapolant ces différents montants à l’ensemble des établissements scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le SeGEC estime que l’impact financier net de la crise sanitaire s’élève à 39 millions d’euros.

Le SeGEC adresse dès lors deux demandes aux autorités politiques. D’une part, l’octroi d’une subvention de fonctionnement exceptionnelle aux établissements d’un montant par élève de 40 euros pour le fondamental, 24 euros pour le secondaire, 4 euros pour la promotion sociale, et une solution spécifique pour les internats et les CPMS. D’autre part, le SeGEC demande la mise en place d’un dispositif d’avance de trésorerie destiné à répondre à la problématique spécifique des voyages scolaires ("bons à valoir" émis par les voyagistes).

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