La course à la présidence du MR est lancée: qui pour succéder à Charles Michel?

Sophie Wilmes, Daniel Bacquelaine, Denis Ducarme, Georges-Louis Bouchez
Sophie Wilmes, Daniel Bacquelaine, Denis Ducarme, Georges-Louis Bouchez - © Belga

La course à la présidence du MR est lancée, Charles Michel ayant rendu son mandat pour devenir président du Conseil européen. Alors qui prendra la tête du MR ? Denis Ducarme, Georges-Louis Bouchez sont cités…

Marc Sirlereau, journaliste politique à la RTBF, décryptait ce mardi sur La Première cette élection.

La passation de pouvoir entre Didier Reynders et Charles Michel, c’était en février 2011. C’est encore un peu tendu entre les deux hommes. Que s’est-il passé ?

"C’était très tendu. Rappelons-le, 2010, du côté du camp de Charles Michel, on considère que ça ne va plus, que la présidence exercée par Didier Reynders, qui est en même temps vice-Premier ministre, ne marche pas, qu’en 2009 si le MR ne s’est pas retrouvé dans les exécutifs régionaux et communautaires, c’est à cause de lui, et qu’il faut donc changer les choses. Le camp Michel pousse alors Didier Reynders à quitter la présidence.

Pendant des mois, la pression va être forte et Didier Reynders accepte à un moment de quitter la présidence du parti et d’organiser une élection. À l’élection, on retrouve qui ? Charles Michel, qui est candidat, et Daniel Bacquelaine, un proche de Didier Reynders. Il y a un coude à coude et c’est finalement Charles Michel qui l’emportera, avec la suite de la carrière qu’on connaît. Donc, pour Didier Reynders, c’est un moment très difficile."

On peut parler de clans au sein du MR : le clan Reynders et le clan Michel. Est-ce que ça existe encore aujourd’hui ?

"Oui, ça existe encore. Vous savez, c’est comme ça depuis 1995, depuis la mort de Jean Gol. Jean Gol meurt en 1995, il est le président du PRL à l’époque et deux personnes peuvent lui succéder : Louis Michel, qui a déjà été président du parti dans les années 80, et le fils spirituel de Jean Gol, Didier Reynders. Et le plus finaud, le plus malin, celui qui prend la présidence à ce moment-là, c’est Louis Michel. À partir de ce moment-là, chez les barons, chez les cadres du MR — ou du PRL à l’époque — il n’y en a pas un qui n’est pas dans un camp ou l’autre. Les militants, ça leur passe un peu au-dessus de la tête, mais chez les barons du parti, on vous dit : 'Ca, c’est un pro Michel, ça, c’est un pro Reynders '. Et aujourd’hui, ça se ressent encore."

Et cette fois, qui va être candidat ? 

"Des noms semblent sortir, et notamment Denis Ducarme ou Georges-Louis Bouchez, qui se verrait bien président du MR. On a vu hier une interview dans Le Soir où c’était Philippe Goffin, bourgmestre de Crisnée, qui est parlementaire fédéral. Il y a aussi des femmes, comme Sophie Wilmès qui est aussi évoquée. On parle aussi de Daniel Bacquelaine, qui s’était présenté en 2011 et qui évoquerait parfois l’idée d’être candidat. On y verra plus clair dans les prochaines semaines puisqu’une liste définitive des candidats sera arrêtée.

Vous voyez, il y a beaucoup de noms, mais il y a un seul nom qui pouvait apparaître comme étant quelqu’un qui pouvait faire le consensus jusqu’à présent, c’était Willy Borsus. Tout le monde disait : 'Si Charles Michel s’en va, c’est Willy Borsus qui va le remplacer '. Eh bien non, il a fait un autre choix et il a préféré être numéro deux du gouvernement wallon avec de grosses attributions, de grosses compétences."

L’un des défis du prochain ou de la prochaine présidente du MR sera-t-il de définir une ligne claire pour le MR ?

"Oui, parce qu’ils viennent de passer cinq ans à diriger un gouvernement avec la N-VA. On leur a reproché, en tout cas dans les autres partis francophones, d’être un parti trop à droite, trop dur. Maintenant, ils se retrouvent au niveau wallon et de la Communauté française avec les socialistes et les écologistes, qui sont deux partis de gauche. Ça veut donc dire que leur discours doit complètement changer. On ne sait pas ce qui va se passer non plus au fédéral. Vous voyez donc que pour le MR il y a un repositionnement à faire et c’est assurément une difficulté.

Et la grosse difficulté sera de savoir : qui pour remplacer Charles Michel et Didier Reynders ? Depuis 1995, il y a eu Louis Michel, Didier Reynders et Charles Michel. C’est à trois qu’ils ont dirigé le parti depuis plus de 25 ans, vous imaginez ? Maintenant, il faut donc trouver des leaders, quelqu’un qui est capable d’apporter un nouveau leadership et de donner une ligne. Ça ne va pas être évident, surtout que si la personne qui devient présidente n’est pas assez forte et puissante, le risque qu’il y a pour le parti est que Willy Borsus dise : 'Pour la Wallonie, c’est quand même moi qui suis le leader, je n’ai pas à me retourner vers le président ', que Jean-Luc Crucke puisse faire ça, que Pierre-Yves Jeholet puisse le faire. Ça ne va donc pas être facile pour le ou la nouvelle présidente."

Le nom du ou de la nouvelle présidente sera connu à la mi-novembre.

Journal télévisé 20/09/2019

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