"La confidentialité des contrats d’obtention du vaccin, c’est pour protéger les multinationales", déplore Philippe Lamberts, député européen Ecolo

Ce mardi sur La Première, Philippe Lamberts, député européen Ecolo, était l’invité dans l’actu de Martin Bilterijs.

L'eurodéputé vert est revenu sur l’omerta qui règne autour des contrats signés par la Comission européenne pour acheter des vaccins contre le coronavirus.

Philippe Lamberts s’est tout d’abord étonné que les contrats passés avec les entreprises pharmaceutiques ne soient pas publics. "L’intérêt général est que le client, à savoir le citoyen, au travers de ses représentants sache ce qu’il achète et à quelles conditions. […] Or, si on maintient le contrat secret, ce n’est pas pour protéger les intérêts des citoyens, mais pour protéger les intérêts des multinationales, qui ne veulent pas qu’on rende publics ces éléments, car elles ne veulent pas d’une concurrence libre."


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Toujours selon lui, les dirigeants européens n’ont pas été assez fermes dans les négociations. "La Commission nous dit : 'oui, mais les entreprises ont imposé ça pour signer des contrats.' Mais je suis désolé, il ne leur appartient pas d’imposer ça. Et je voudrais bien voir lequel de ces grands labos oserait dire publiquement que parce que la Commission européenne impose la publicité et les contrats, elle refuse de livrer les vaccins en Europe. Et donc, pour moi, le problème, c’est d’abord la capitulation de la Commission devant les exigences de ces labos. Mais évidemment, si le fournisseur fait des concessions sur les prix à la Commission européenne, il ne veut pas être obligé de répercuter ces mêmes concessions à d’autres."

Si les entreprises font du chantage, la Commission européenne peut les exposer à la vindicte publique.

Le député européen Ecolo ajoute qu’il n’est pas trop tard pour que les contrats soient rendus publics. "Ce ne sont pas des secrets de fabrication qu’on leur demande de révéler. Ce sont des dispositions contractuelles. Et ça, je suis désolé, il n’y a aucune raison de ne pas le rendre public. Et si elles font du chantage en disant : 'si vous obligez la publicité des contrats, nous ne signons pas de contrat avec vous', la Commission européenne peut exposer les compagnies à la vindicte publique."


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Face à cette omerta autour des vaccins, Philippe Lamberts comprend que des thèses complotistes voient le jour. "Si on veut renforcer la confiance qui est le terreau indispensable à la lutte contre les fake news et le complotisme, il faut augmenter la transparence. La Commission et ces entreprises devraient accueillir ça à bras ouverts en disant 'oui, nous n’avons rien à cacher quant à nos contrats'."


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