"La coalition Vivaldi serait néfaste pour les Flamands" (Cieltje Van Achter, N-VA dans "Jeudi en Prime")

"Jeudi en prime" (Une télé) :
"Jeudi en prime" (Une télé) : - © THIERRY ROGE - BELGA

Invitée de "Jeudi en Prime" sur la Une télé, Cieltje Van Achter, vice-présidente de la N-VA et députée bruxelloise (depuis 2014), est revenue sur les derniers rebondissements de la saga "tentatives de formation du gouvernement fédéral".

Avec d’abord une réaction à la nomination du duo royal Dewael-Laruelle : "Je comprends avant tout que la situation est visiblement très compliquée pour le Roi lui-même. Habituellement c’est dès après les élections que le Roi désigne les présidents de la Chambre et du Sénat pour une mission de tenter d’y voir plus clair, de voir quelle coalition est possible. Ici c’est avant tout la conséquence de la démarche brutale du président du PS Paul Magnette. Son 'J’en ai marre', c’était du jamais vu pour nous et pour le Roi aussi. Une sortie brutale, médiatisée" qui, pour la N-VA, a condamné la mission du CD & V Koen Geens, attendu deux jours plus tard chez le Roi. Et Cieltje Van Achter d’ajouter que "c’est autour de la table qu’il faut négocier, qu’il faut être responsable".

"Un accord était possible avec Koen Geens"

Quant à savoir si des discussions, voire un accord, sont toujours possibles avec le PS, cela semble peu vraisemblable. Cieltje Van Achter parle surtout au passé : "Nous avons tout essayé, nous avons essayé de trouver un accord, de travailler ; nous sommes toujours restés autour de la table et dans la discrétion, sans sorties dans les médias. C’est ce qui était nécessaire, il faut faire comme cela pour essayer de trouver la confiance. Nous avions l’impression qu’il y avait la possibilité d’une entente avec la N-VA, le PS et le CD & V avec Koen Geens, que c’était possible avec Magnette qui semblait avoir compris qu’il fallait des réformes profondes pour sortir de l’impasse fédérale. Mais il a pris la fuite, il a eu peur, peur de ne pas avoir son électorat avec lui […]. On reste prêts à discuter contenu, prêts pour des accords mais tout le monde nous dit non. PS, Ecolo, cdH notamment disent non juste à la moitié de la Flandre…".

Sur le fait que Bart De Wever n’a toujours pas reçu de mission de la part du Palais, c’est un regret. "Bart De Wever était prêt, il avait même ciré ses chaussures – allusion à un tweet du président de la N-VA, resté à Bruxelles dans l'attente d'un appel du Palais qui finalement chargeait Koen Geens de sa mission -, il était prêt mais cela ne s’est pas passé ainsi. On ne fait aucun reproche, mais c’est bizarre que le plus grand parti du pays n’ait pas eu l’occasion de jouer un rôle. Pourquoi ? Il faut le demander au Roi".

Dans l’attente de la suite des événements, la N-VA semble - selon certaines déclarations récentes de son président ou de Theo Francken -, se préparer à l’opposition (ou à des élections !). Pour Cieltje Van Achter, la N-VA a "un programme à réaliser. Nous faisons de la politique pour améliorer les choses. Nous sommes convaincus qu’il faut des réformes institutionnelles pour faire fonctionner ce pays. Nous sommes en fait le seul parti avec un plan pour la Belgique, pour son avenir. Du confédéralisme avec deux grandes Régions, un statut pour Bruxelles et pour les Germanophones. Un projet sur la table pour assurer le futur de la Belgique, pour que ça marche, sortir du blocage, pour que Francophones et Néerlandophones s’entendent à nouveau (…). Des entreprises le demandent, des intellectuels aussi, même de gauche ; Johan Vande Lanotte ce n’est pas quelqu’un de la N-VA hein ? Il demande aussi des réformes. Que les autres partis disent maintenant ce qu’ils veulent…".

"Bizarre que l’Open VLD entre dans un gouvernement de gauche"

Après les accusations de traîtrise venues ces dernières semaines à l’encontre de l’Open VLD soupçonné de vouloir rallier un gouvernement arc-en-ciel, le ton de la N-VA se fait désormais plus doux dans l’attente de voir les libéraux clarifier leur position. Pas question de parler cette fois de "traîtres". Cieltje Van Achter juste d’avertir : "Si jamais une coalition Vivaldi sans la N-VA voyait le jour, ce serait un gouvernement de gauche, sans majorité en Flandre, et donc sans aucun respect pour les résultats des élections du 26 mai en Flandre. Il ne mènerait pas les réformes structurelles nécessaires pour le pays pour que celui-ci marche de nouveau. Nous avons au niveau flamand un accord de gouvernement (avec CD&V et Open Vld !!!) pour de l’excellence, pour mettre plus de gens au travail. Mais nous avons besoin du fédéral pour mener cette politique (…). En décembre, nous avons été surpris de voir l’Open VLD tenté par l’arc-en-ciel avec rouges et verts, sur base de la note Magnette très à gauche… Or ce n’est pas le programme que l’Open Vld a présenté le 26 mai à ses électeurs, avec des taxes nouvelles. A eux de décider. Mais ce serait bizarre s’ils entraient dans un gouvernement si à gauche".

Et d’ajouter : "Il faut des réformes pour sauver la Belgique ; des réformes ce n’est pas pour notre plaisir, l’immobilisme cela ne fonctionne pas. Il y a un déficit budgétaire énorme. Il faut travailler pour sortir de ce problème. Avec la Vivaldi cela ne marchera pas, ce serait néfaste pour les Flamands".

"Nous menons campagne toute l’année"

La N-VA, comme d’ailleurs l’extrême-droite Vlaams Belang, a engagé d’énormes budgets selon certains chiffres sortis récemment pour lancer une campagne (électorale ?) sur les réseaux sociaux et notamment Facebook et Instagram. La N-VA se prépare-t-elle donc pour des élections ? Non pour Cieltje Van Achter : "Je suis vice-présidente du parti. Je peux vous dire que nous menons campagne toute l’année notamment sur Facebook ; c’est très important les médias sociaux. Mais s’il y avait des élections, nous n’aurions pas peur. On verra bien. Il faudra bien expliquer aux gens tous les enjeux, c’est très important. Mais pour qu’il y ait des élections, j’attends encore de voir les 76 signatures nécessaires (soit une majorité sur les 150 députés de la Chambre lors d’un vote pour dissoudre le Parlement et aller à des élections), nous n’en sommes pas encore à ce stade".

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