Ordre protocolaire belge: "On sait que la N-VA n'aime pas le Sénat"

Christine Defraigne
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Christine Defraigne - © FILIP DE SMET - BELGA

Une demande officielle de modification de l'ordre de préséance lors des cérémonies officielles a été émise fin janvier par la Chambre des représentants auprès du chef du protocole (qui dépend du ministère de l'Inté­rieur). Mais la présidente du Sénat ne l'entend pas de cette oreille...

Dans un courriel, que La Libre Belgique évoque dans ses colonnes mercredi, la Chambre, présidée par Siegfried Bracke (N­-VA), demande de revoir à la baisse la place du Sénat, présidé par Christine Defraigne (MR), dans cette hiérarchie symbolique.

Siegfried Bracke explique, au micro de la RTBF : "Si on a adopté la sixième réforme de l'Etat, ça me paraît logique que la Chambre vienne d'abord, parce que c'est la seule avec des élus directs. C'est la logique des choses qu'une Chambre qui se réunit chaque semaine ait la préférence sur le Sénat qui se réunit théoriquement huit fois par an".

Dans la hié­rarchie entre les différents pouvoirs et autorités au sein de l'Etat belge, le président de la Chambre et le président du Sénat sont sur un pied d'égalité. L'un l'emporte sur l'autre dans la hiérarchie une année sur deux dans un souci d'égalité entre les deux assemblées qui composent le Parlement au niveau fé­déral. C'est donc cette alternance que la Chambre voudrait supprimer, en sa faveur.

Depuis la sixième réforme de l'Etat, le Sénat n'est plus une assemblée permanente, n'a plus les mêmes compétences et n'est plus composé d'élus directs.

Mais Christine Defraigne, MR, président du Sénat, ne l'entend pas de cette oreille: "Je suis lucide et tout le monde sait que la N-VA n'adore pas le Sénat. Mais moi je suis garante de la sixième réforme de l'Etat qui a maintenu le Sénat. Le Sénat a des compétences importantes bicamérales. Et je n'entends pas qu'on fasse rentrer par la fenêtre des petites guéguerres institutionnelles et qu'on fasse une espèce de réforme de l'Etat qui tait son nom par la bande..."

Et de rappeler, dans un communiqué, que le Sénat ne se réunit pas "que huit fois par an". Depuis le début de la législature, explique-t-elle, ont eu lieu: "huit séances plénières, une réunion de la Commission parlementaire de concertation, cinq réunions du Comité d’avis fédéral chargé des questions européennes, six réunions de la Commission des Affaires Institutionnelles, neuf réunions de la Commission des Matières transversales (compétences communautaires), quatre réunions de la Commission des Matières transversales (compétences régionales)".

D'après le service du protocole du ministère de l'Intérieur, "un groupe de travail sera mis sur pied prochainement afin de présenter au gouvernement une sé­rie de recommandations en termes d'"amendements". Cette demande y sera "certainement" abordée.

RTBF

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