La CGSP rembourse les cheminots grévistes, HR Rail veut des explications

Jour de grève à la SNCB, le 27 mai 2016.
Jour de grève à la SNCB, le 27 mai 2016. - © ERIC LALMAND - BELGA

Le syndicat socialiste va rembourser l'amende infligée aux cheminots partis en grève sauvage entre le 25 mai et le 3 juin dernier. Une démarche pour le moins étonnante, puisque la CGSP avait précisément déclaré vouloir éviter les grèves sauvages. Un accord avait d'ailleurs été conclu à ce propos avec la direction de la SNCB en 2008. L'employeur juridique du personnel de la SNCB, HR Rail demande des explications aux syndicats. 

12,5 euros d'amende

La conséquence de cet accord, pour la grève qui s’est déroulée fin mai, début juin, est une amende de 12,5 euros infligée à chaque travailleur de la SNCB parti en grève sans préavis. Une amende infligée par le service des ressources humaines de la SNCB.

Une brochure diffusée par la branche de Flandre occidentale du syndicat socialiste annonce pourtant bien un remboursement des grévistes. Et cette information irrite dans le nord du pays. La N-VA évoque des pratiques mafieuses. Elle argumente que, chaque année, les syndicats reçoivent des millions d'euros de dotation qui ne doivent pas servir à rembourser des amendes. L'Open Vld partage la même opinion en fustigeant l'hypocrisie du syndicat socialiste.

Le ministre de la mobilité, le MR François Bellot, il s'est, pour sa part, déclaré surpris et a dit préférer ne pas réagir sans disposer de plus amples informations.

La grève était-elle "sauvage" ou "spontanée"?

A la CGSP, on nie le caractère sauvage de la grève. Pour Philippe Dubois, secrétaire régional bruxellois de la CGSP-cheminot, la situation est claire et parfaitement légale :"A la régionale de Bruxelles, nous avons demandé aux agents qui recevaient leur proposition de punition de nous envoyer une copie. Et nous sommes prêts à rembourser ces 12,5 euros. Pour moi, c’est un secret de Polichinelle, c’est éminemment politique. On veut absolument stigmatiser les cheminots qui se sont mis en grève alors qu’ils en avaient parfaitement le droit selon nous." Pour la CGSP, il ne s’agit donc pas du tout d’un revirement par rapport au protocole d’accord de 2008: "A partir du moment où c’est spontané, ce n’est pas contrôlable. J’ai vu l’émoi parmi les ouvriers, lorsque l’on a su qu’on allait leur reprendre des jours de repos. Pour moi c’est légitime et je suis personnellement en faveur d’une action devant le conseil d’Etat pour faire annuler cette sanction administrative. On en discutera lors de notre prochain comité exécutif national".

HR Rail va inviter la CGSP à s'expliquer

L'employeur juridique du personnel de la SNCB, HR Rail, a réagi ce samedi avec étonnement à la nouvelle. Pour HR Rail, qui dit ne pas avoir été prévenu de cette initiative par les responsables syndicaux, un tel remboursement de l'amende entre en contradiction avec les engagements pris dans le cadre de la procédure, approuvée par les syndicats, censée réduire le nombre d'actions spontanées sur le rail. "En prenant en charge l'amende du membre du personnel, la procédure est neutralisée", estime-t-on chez HR Rail. L'amende prévue en cas d'action spontanée vise en effet à faire sentir au cheminot qu'il est question d'un acte irrégulier, souligne-t-on encore.

La date à laquelle la CGSP Cheminots sera conviée pour fournir des explications n'a pas encore été déterminée.

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