La carte du chômage en Belgique: la frontière linguistique est-elle aussi celle du travail? (taux par commune)

"Taalgrens is werkloosheidgrens". La frontière linguistique est la frontière du chômage, voilà comment le magazine Trends titrait dans son numéro de fin août le graphique affichant le taux de chômage par commune, en complément d'un article sur les derniers chiffres, certes encourageants pour la Wallonie, mais qui continuent à montrer un écart important avec la Flandre.

Certes, le magazine le met en avant, avec 195.986 chômeurs avant l'été, la Wallonie est enfin passée sous de la barre des 200.000, alors qu'on en était encore à 286.716 wallons au chômage en septembre 2006. Et le nombre d'offres d'emploi du FOREM a augmenté de 30% en un an. 

Mais l'écart reste très important entre Bruxelles (15%), la Wallonie (9,8% de moyenne), et la Flandre, qui avec 4,4%, affiche un des taux de chômage les moins élevés d'Europe.

Même la plus riche province wallonne, avec 7,7%, affiche un taux supérieur à Anvers, la province dont le taux est le plus élevé. 

Et le plein emploi (moins de 3% de taux), quasi inexistant en Wallonie, est présent dans de nombreuses communes flamandes, comme le montre bien notre graphique interactif.

C'est que, note le magazine, le taux d'emploi reste beaucoup plus élevé en Flandre (71,5%) qu'en Wallonie (62,5%) et à Bruxelles (58,2%). Et dans ses prévisions les plus récentes, le Bureau du Plan prévoit que 81.000 emplois seront créés en Wallonie d'ici 2023. Un bon chiffre, mais 200.000 emplois nets seraient créés en Flandre et 32.000 à Bruxelles au cours de cette période. Cela signifie que la Flandre, avec 58% de la population active, représente près de 64% des nouveaux emplois. La Wallonie, qui représente 32% de la main-d'œuvre, créera 26 % des nouveaux emplois. "Il n'y a donc pas de réel mouvement de rattrapage wallon" conclut donc le magazine.

Le problème serait principalement qu'il y a beaucoup moins de postes vacants en Wallonie et qu'ils sont également plus difficiles à pourvoir en raison de l'inadéquation plus importante sur le marché du travail. En 2017, 10% des emplois vacants wallons étaient des emplois peu qualifiés, tandis que 39% des demandeurs d'emploi étaient peu qualifiés, note Trends.

 

La frontière linguistique = frontière du chômage, c'est vrai, alors?

1) C'est vrai... pour la communauté germanophone : c'est manifeste, les taux les plus bas du pays sont ceux enregistrés dans les communes germanophones, à l'Est du pays, avec 2,3% à Amel ou 3,1% à Saint-Vith.

2) Les grandes villes flamandes n'échappent pas aux difficultés : c'est manifeste sur le graphique, il y a quelques "taches" foncées en partie flamande, et elles concernent surtout les grandes villes. Sans atteindre les 18 ou 19% de Charleroi et Liège, Anvers (10,6%) et Gand (8,2%) affichent des taux bien supérieurs à de nombreuses communes luxembourgeoises (Léglise, Vaux-sur-Sure, Bertogne à 4%), du Brabant wallon, ou même... du Hainaut, pourtant considéré comme terre de chômage (Jurbise 5,6, Silly 5,2%)

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