La boîte de Pandore du survol de Bruxelles bientôt rouverte?

La Région bruxelloise va être plus stricte au sujet du bruit des avions
La Région bruxelloise va être plus stricte au sujet du bruit des avions - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

Ce mercredi matin, ministres régionaux et fédéraux sont réunis pour discuter des dossiers communs et des conflits. A l'ordre du jour: le bruit des avions et l'organisation des vols autour de Zaventem.

4 à 5 fois plus d'amendes

La situation est tendue suite à une décision de la Région bruxelloise. Cette dernière a en effet décidé d'être plus sévère à l'égard du bruit des avions dès le 21 février. Elle réclamera des amendes aux compagnies aériennes chaque fois qu’un avion dépassera les normes de bruit au-dessus de Bruxelles, même d’un décibel.  

Jusqu’ici, beaucoup d’avions étaient en léger dépassement et celui-ci était toléré. La décision de la Région bruxelloise pourrait dès lors signifier 4 à 5 fois plus d’amendes si rien ne change. Et, on s’en doute, cela ne fait pas ni plaisir aux compagnies aériennes, ni à l’aéroport de Zaventem, ni à la Flandre.

La Région flamande parle en effet d’une menace réelle pour ce pôle économique et pour ses emplois. Elle estime que la mesure porte atteinte à son territoire et qu’il y a conflit d’intérêts.

Contourner Bruxelles pour éviter les amendes?

Ce matin, l'enjeu est donc de voir si le Premier ministre trouvera des arguments convaincants pour faire ranger le carnet de PV de la Région bruxelloise. Si ce n'est pas le cas, un retour aux tensions sur ce dossier délicat est possible. 

En effet, l’une des solutions pour éviter les amendes est de contourner Bruxelles au lieu de la survoler. La Région bruxelloise espère par ailleurs que la pression des amendes poussera le fédéral à revoir sa répartition des vols et à épargner les zones très peuplées de Bruxelles.

Il faut néanmoins que les avions passent quelque part, et épargner Bruxelles, c’est rediriger automatiquement ces vols vers la périphérie flamande. Rouvrir ainsi le débat sur les routes aériennes, c’est relancer les tensions entre les régions et entre les partis flamands et francophones.

Le MR, seul au gouvernement fédéral pour relayer les intérêts bruxellois

Par ailleurs, il n'y a pas que ces amendes qui pourraient réveiller le conflit dans les prochains mois. Plusieurs actions en justice sont pendantes et pourraient aussi contraindre à rouvrir la boîte de Pandore. L’aéroport lui-même affiche sa volonté d’étendre ses activités et, ce point non plus, ne va pas dans le sens d’un apaisement.

Une question se pose: sachant tout cela, le ministre de la Mobilité François Bellot, n’a-t-il pas intérêt à prendre les devants et à avancer un compromis ? Idéalement oui. Néanmoins, quel compromis pourrait donc être trouvé? S’il y avait eu une solution miracle, elle serait déjà en application. Le dossier est en effet très complexe et comprend de gros enjeux environnementaux et économiques, mais aussi communautaires.

Plusieurs ministres s’y sont cassé les dents. François Bellot dit progresser, mais les groupes de travail annoncés quand il a pris son mandat, il y a 9 mois, n’ont pas encore été réunis.

Il reste 2 ans et demi de mandat au ministre fédéral et une autre question se pose: pourrait-il être tenté de temporiser jusqu’à la fin de la législature ? Le MR est en fait bien seul au gouvernement fédéral pour relayer les intérêts bruxellois. Un accord sur les routes maintenant pourrait pencher en faveur de la Flandre. François Bellot pourrait dès lors vouloir attendre que des élections rebattent un peu les cartes.
 

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