La Belgique vote contre deux directives européennes pour le climat, Marghem rejette la faute sur les Régions

Deux jours seulement après une marche record pour le climat à Bruxelles, la Belgique tente de fossoyer deux textes européens sur le climat. D'ici à 2030, "l'Union européenne devra atteindre 32% d'énergie renouvelable et 32,5% d'efficacité énergétique", annonce ce mardi un communiqué du Conseil des ministres européens.

Mais une chose est sûre, ce n'est pas grâce à la Belgique qui a voté contre ces deux mesures, comme le fait remarquer Le Soir. Elles font partie du "package énergie verte" de l'Union européenne et découlent de l'Accord de Paris de 2015, suite à la Cop 21. 

La Belgique cherchait à bloquer la directive sur l'efficacité énergétique

Ce premier texte prévoit d'améliorer l'efficacité énergétique des 28 Etats membres à 32,5% d'ici à 2030. Ce texte détaille que "l’accroissement de l’efficacité énergétique sera bénéfique pour l’environnement, réduira les émissions de gaz à effet de serre, améliorera la sécurité énergétique, diminuera les coûts énergétiques des ménages et des entreprises, aidera à réduire la précarité énergétique et contribuera à la croissance et à la création d’emplois".

Pourtant, comme le montre le détail du vote, la Belgique a voté contre ce texte. Finalement, 24 pays sur 28 ont voté pour cette mesure permettant à la directive d'être validée. Pire encore, rapporte Le Soir, l'ambassadeur belge avait pour mandat de rassembler "une minorité de blocage" pour faire capoter cette directive. Mais d'où vient ce mandat donné à l'ambassadeur ?

Contactée, la ministre fédérale de l'Energie, Marie-Christine Marghem se défend. "Ce sont les régions qui ont 90% des compétences en matière d'énergie donc ce sont les trois Régions qui décident et nous, au niveau fédéral, ne pouvons que transmettre les volontés de ces Régions", explique la ministre qui dénonce le double langage des Régions dans ce domaine.

"Je peux comprendre qu'elles trouvent les exigences européennes trop difficiles à mettre en place, mais elles ne peuvent pas se cacher derrière le fédéral quand elles votent contre." Et la ministre de fustiger un "découpage institutionnel inopérant" pour prendre ce genre de décisions.

Selon nos informations, c'est la Flandre qui aurait pesé de tout son poids parmi les 4 ministres (fédéral, bruxellois, wallon et flamand) pour que la Belgique affiche cette position. Du côté bruxellois, la ministre de l'Environnement et de l'Energie, Céline Frémault (cdH) explique pourquoi elle s'est abstenue sur cette question lors des discussions au niveau belge. "Bruxelles était prête à voter pour l’adoption de la directive efficacité énergétique malgré un questionnement sur l’article 7 qui rend sa mise en œuvre difficile dans une Région aussi urbanisée. Mais la Flandre et la N-VA bloquaient. Donc Bruxelles s’est abstenue au final pour éviter un blocage total dans les autres dossiers et obtenir un vote positif sur le texte ‘Gouvernance’."

32% d'énergies renouvelables en 2030 ? La Belgique n'en veut pas

Concernant la deuxième directive qui prévoyait d'augmenter la part d'énergies provenant de sources renouvelables de la Belgique à 32% d'ici à 2030, la Belgique s'est abstenue comme le monte le détail du vote ci-dessous. A nouveau, une majorité d'autres pays européens permet au texte d'être validé. Dans les deux cas, la Belgique s'est mise en marge des autres pays européens sur le volet climatique, et ce, seulement deux jours après une manifestation record dans Bruxelles pour le climat.

 

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