"La Belgique, un bric-à-brac avec trop d'hommes politiques"

Vice-président de la N-VA et bras droit de Bart De Wever, Sander Loones est souvent présenté comme le "monsieur confédéralisme" du parti. Son credo: un pays coupé en deux où francophones et flamands vivraient chacun "heureux" de son côté.

La Belgique n’est plus un pays, mais la somme de deux pays

Dans le livre qu’il vient de publier, Bart De Wever a une phrase choc: "L’Histoire à toujours donné raison au mouvement flamand".

Pour Sander Loones, il s’agit moins d’un avertissement que d’un constat objectif. "Nous cherchons toujours des alliés pour mettre notre programme en pratique. Des partenaires qui tirent le même constat que nous: la Belgique n’est plus un pays, mais la somme de deux pays et il faut donc la gérer d’une autre façon." Le confédéralisme s’impose à ses yeux comme l’unique solution.

La 6e réforme de l'Etat était la dernière

Pour le vice-président des nationalistes flamands, la 6e réforme de l’Etat, votée par le gouvernement Di Rupo, était la dernière.

"Notre histoire est celle des réformes de l’Etat qui ont rendu notre pays de plus en plus complexe. C’est un bric-à-brac avec trop d’hommes politiques."

L’argumentaire est simple: "Une politique de gauche n’a jamais donné des majorités pour lesquelles ont voté les Flamands. Et c’est la même chose pour la Wallonie. Tout cela n’est pas juste. Il vaut mieux que la Wallonie mène une politique de gauche et la Flandre une politique de droite."

A la critique d’Elio Di Rupo selon laquelle la N-VA mène à la destruction du pays, le vice-président de la N-VA répond que le confédéralisme permet au contraire de suivre des politiques pour lesquelles les gens ont voté. "Si les francophones veulent une politique de gauche, c’est leur droit."

Mais pour obtenir ce changement institutionnel, il faudra pouvoir, lors de la prochaine législature, obtenir des majorités spéciales de 2/3 des votes à la Chambre et de 50% dans les Communautés. Et pour cela, il faudra impérativement trouver des partenaires francophones. "On n’est pas un parti révolutionnaire, nous avons besoin des partis francophones. On va à la recherche de ces majorités spéciales."

C’est en partie l’ambition de la stratégie "Objectief V" en Flandre. Une stratégie qui veut précisément faire connaître (et accepter) les idées flamandes parmi les francophones.

Sander Loones se déclare d’ailleurs heureux constater que "la Wallonie va mieux". Et d’insister sur l’importance, pour la Wallonie de pouvoir prendre ses propres décisions pour résoudre ses propres problèmes.

La politique de style Edith Piaf

L’ "Objectief V" de la N-VA compte ainsi exercer une pression sur les francophones pour réveiller leur appétit communautaire.

"Dans le passé les flamands étaient toujours demandeurs d’un changement institutionnel, alors que les francophones n’étaient demandeurs de rien. C’était la politique de style Edith Piaf :’ non rien de rien’. On était à table, mais les francophones n’avaient pas faim. C’est cela que nous voulons changer, pour éviter un système belge toujours plus complexe."

Soumettre la Constitution à révision serait logique

La frustration des francophones, Sander Loones dit la comprendre : "Nous l’avons connue avec le gouvernement Di Rupo. Aujourd’hui Theo Franken fait du bon travail, nous avons la Défense et l’Intérieur."

Aux yeux du vice-président de la N-VA, le communautaire est dans tout dossier politique, mais il répète la promesse de son parti de ne pas faire de constitutionnel durant cette législature. Et après, Place à la révision de la constitution ?

"Il faut une conversation entre adultes, argumente Sander Loones. Ce que l’on veut en Flandre et en Wallonie est différent. Comme Ecolo ou le PC auront un programme pour les élections de 2019, nous aurons un programme économique et confédéraliste".

Il vaudrait évidemment mieux, pour la N-VA, que la constitution puisse être soumise à révision en 2019. "Il serait logique de ne pas avoir de verrou et de permettre au citoyen de se prononcer clairement sur ce projet. " Un sérieux sujet de tension en perspective lorsque les partis se prépareront à la campagne des législative. Dans deux ans exactement.

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