Militaires belges en Irak: "Pas question de participer à des combats au sol"

Didier Reynders est à Moscou
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Didier Reynders est à Moscou - © ERIC LALMAND - BELGA

La Belgique a reçu une demande officielle pour envoyer des militaires belges au sol en Irak, en vue d'entraîner et conseiller les forces irakiennes dans la lutte contre les djihadistes de l’État islamique. Officiellement, il ne s'agit pas de prendre part aux combats. Mais force est de constater que l'investissement des forces militaires sur place s'accroit.

Le général américain James Terry avait signalé lundi soir que la coalition internationale anti-djihadiste était prête à déployer 1500 hommes en Irak, sans préciser quels pays allaient contribuer à cette opération terrestre. D'après une porte-parole du ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA), la Belgique "a reçu une demande officielle" de la part de la coalition pour prendre part à cette nouvelle opération. Le nombre de militaires belges qui pourraient participer à cette opération n'est pas encore défini.

Avant de se pencher sur cette question, la demande générale doit être approuvée par le gouvernement. Elle sera à l'ordre du jour du prochain Conseil des ministres prévu, normalement, vendredi.

Le sujet sera abordé en conseil des ministres vendredi. Le ministre a aussi affirmé que le sujet avait déjà été abordé lors d'une rencontre de la coalition la semaine dernière. La Belgique avait fait part de sa disponibilité pour fournir des formations en Irak.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a indiqué à Moscou, qu'il serait "possible d'envoyer quelques dizaines de formateurs belges en Irak", après qu'il est apparu que la Belgique a reçu une demande officielle d'envoyer des soldats au sol pour lutter contre les djihadistes de l'Etat islamique. "Mais il n'est pas question d'envoyer des troupes pour se battre sur place", a néanmoins insisté le ministre. "Il faut attendre la décision de la Défense."

Si officiellement, il ne s'agit pas de prendre part aux combats, force est de constater que l'investissement des forces militaires sur place s'accroit.

Une stratégie mouvante

S'il est vrai que le président américain Barack Obama a promis de retirer ses troupes d'Irak, et qu'il a largement tenu sa promesse, l'émergence d'un groupe aussi menaçant que l’État islamique l'a obligé à changer de stratégie. Une stratégie qui est toujours en évolution.

L'idée de départ était de mener des frappes aériennes contre les djihadistes avec une coalition internationale. Mais tous les stratèges le disent: on ne gagne pas une guerre contre un groupe infiltré au sein de la population uniquement avec des bombardements aériens.

Les États-Unis comptent sur l'armée irakienne pour faire le travail. Mais cette armée est aussi pléthorique qu'inefficace. Les Peshmergas kurdes paraissent plus opérationnels. C'est la raison de l'envoi de ces instructeurs.

Ils étaient quelques centaines au départ, mais leur nombre augmente de mois en mois. Les Américains ont désormais déployé 3100 hommes en Irak. Ils assurent la formation, mais aussi la sécurité de l'ambassade américaine et de l'aéroport de Bagdad. Et, au plus près des combats, ils fournissent les informations nécessaires au frappes aériennes, et les coordonnent avec les combattants locaux.

Si, officiellement, il ne s'agit toujours pas de participer aux combats, les généraux américains n'excluent pas de modifier leur stratégie.

RTBF, avec Belga

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