La Belgique signera-t-elle le pacte de l'ONU pour la migration?

En septembre, le Premier ministre belge, Charles Michel, avait annoncé devant l’Assemblée générale de l’ONU que la Belgique signerait le pacte global sur la migration à Marrakech, le 10 décembre prochain.  Aujourd’hui, rien n’est moins sûr.  Les différents partis de la majorité n’ont pas d’avis unanime sur ce pacte.  Ce jeudi après-midi, le point était à l’ordre du jour du kern, conseil des ministres restreint pour tenter de faire progresser le dossier. 

Rappelons d’abord ce qu’est ce pacte pour la migration.  La communauté internationale s’est penchée sur la crise migratoire et a conclu qu’il fallait que les pays coopèrent d’avantage et tentent d’avoir une vision plus globale de la migration.  Le projet de " pacte global pour une migration sûre, ordonnée et légale " est un compromis.  Le texte, une fois approuvé, ne sera pas contraignant.  Il ne s’agit pas que tous les pays aient une même politique d’asile et de migration.  C’est plutôt un rappel des bonnes pratiques en la matière auxquels s’ajoutent quelques objectifs sur lesquels la plupart des pays s’accordent. 

Après la déclaration de Charles Michel à l’Onu, la NVA s’est penchée sur le projet de pacte et l’a rejetté.  " Nous ne signerons pas ce texte ", a confirmé dernièrement une porte-parole du Secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, le NV-A Théo Francken.  A la Chambre, le chef de groupe N-VA, Peter De Roover avait expliqué craindre que le texte empêche de mener à l’avenir la politique souhaitée par la N-VA.

Comment sortir de l’impasse ?

Le gouvernement doit donc trouver le moyen de sortir de l’impasse dans laquelle il se trouve.  A l’entrée du kern, ce jeudi, il y  avait ceux, comme l’Open-VLD Alexander De Croo qui souhaitent que la Belgique signe le pacte : "Je pense que si on veut vraiment bien gérer la migration et surtout, combattre la migration illégale, on a besoin de travailler ensemble. Si on veut faire des accords, des réadmissions, par exemple, c’est une priorité de M. Francken, on ne le fera pas tout seul. On devra le faire avec d’autres pays. La Belgique a toujours intérêt de travailler ensemble avec d’autres pays, certainement dans l’asile et migration", a déclaré Alexandre De Croo. 

Le son de cloche est semblable chez le CD&V Kris Peeters : "Il y a une petite discussion au sein du gouvernement mais j’espère qu’on va trouver des solutions qui sont acceptables pour nous tous". Et d’ajouter, au sujet du pacte : "Je suis évidemment pour, c’est clair.  C’est une discussion importante pour la Belgique et au niveau international ".

Il reste à voir quelle solution pourra être trouvée.  Le projet de pacte discuté à l’ONU et qui doit être signé le 10 décembre à Marrakech ne peut plus être modifié. Le gouvernement belge doit donc se positionner officiellement par rapport à ce texte.  Une position qui, si elle devait être trouvée, risquerait d’avoir tout du grand écart, entre d’une part, l’annonce de Charles Michel à l’Onu et le souhait de plusieurs partis de la majorité de signer le pacte et, d’autre part, le rejet total de la N-VA.  

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