La Belgique, piètre contributrice aux missions de l'ONU, a envoyé 8 personnes à peine

La Belgique, candidate à un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU pour la période 2019-2020, fait piètre figure dans le classement des pays contributeurs aux missions onusiennes de maintien de la paix - avec seulement six  officiers et deux policiers déployés, sur un total de 118 000 Casques bleus et personnels agissant sous l'égide des Nations unies - mais le nombre de militaires devrait plus que doubler l'an prochain, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

La Belgique fournit actuellement un officier au quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), situé à Naqoura, dans le sud du pays, et deux à la Mission de l'ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco). Deux autres sont observateurs au sein de l'Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve (Onust) au Moyen-Orient, selon des chiffres officiels.

Et depuis août 2015, un officier d'échange belge est employé au sein du contingent néerlandais de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), alors que deux policiers belges sont déployés à Brindisi (sud de l'Italie) et en Somalie dans un cadre onusien.

Bientôt 7 de plus

Le Conseil des ministres a toutefois autorisé le 24 septembre le déploiement, tout au long de l'année, de sept militaires belges en renfort au sein du contingent de 450 Casques bleus, agents de police et civils néerlandais au Mali. Ils seront affectés à des activités de renseignement: trois au quartier général de l'"All Sources Information Unit" (ASIFU) situé à Bamako, la capitale malienne, et quatre intégrés dans l'unité de renseignements ASIFU dans le camp néerlandais à Gao, à 1.200 km au nord-est de Bamako.

Selon le gouvernement, cette contribution à la Minusma "permettra à la Belgique de participer avec une plus grande intensité à une mission de maintien de la paix des Nations Unies et de renforcer la coopération avec les Pays-Bas".

Mission périlleuse

Ces sept militaires se verront octroyer le statut "engagement opérationnel-engagement armé passif" au coefficient de risque 4 sur une échelle de cinq - ce qui témoigne qu'il s'agit d'une mission périlleuse.

Les Pays-Bas viennent de prolonger leur présence au Mali jusque fin 2016, en dépit du fait que cette mission est l'une des plus meurtrières de l'histoire des Casques bleus, avec 60 morts, selon l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).

Le monde promet 40 000 nouveaux Casques bleus

Sous l'impulsion des Etats-Unis, une cinquantaine de pays ont promis la semaine dernière à New York, en marge de la 70ème assemblée générale de l'ONU, de fournir 40 000 Casques bleus supplémentaires, au moment où les missions de paix onusiennes sont débordées et vulnérables.

Le président américain Barack Obama avait convoqué à New York un sommet ("Peacekeeping Summit") sur les moyens de renforcer les seize missions de l'ONU dans le monde, où servent déjà 125.000 soldats, policiers et civils venus de 124 pays.

La Chine a répondu présente, avec 8000 policiers, et la Colombie avec 5000 Casques bleus, alors qu'elle était jusqu'ici absente de ce secteur. L'Europe s'est montré plus frileuse. Le Royaume-Uni va envoyer quelques centaines de soldats en Somalie et au Sud-Soudan.

S'ajouteront aux troupes des unités médicales ou du génie, des experts en déminage, des hélicoptères, dont certaines missions manquent cruellement, ou des drones.

Le Rwanda a offert deux hélicoptères d'attaque, une unité de policiers et 1.600 soldats.

Selon des sources militaires, la Belgique n'a pas fait de nouvelle annonce à cette occasion, tout en confirmant sa disponibilité à fournir certaines capacités - unité d'infanterie, avions de combat et de transport - à longue échéance et moyennant un feu vert gouvernemental.

La Belgique contribue au budget des opérations de maintien de la paix (OMP) à hauteur de 0,998% du total, ce qui représente en 2015 un montant de 85 millions de dollars (75,46 millions d'euros).

Les Etats-Unis sont le principal bailleur de fonds du maintien de la paix, avec 28% du budget annuel de 8,3 milliards de dollars, mais ils rechignent à fournir des troupes.

Une vingtaine de civils belges participent aux OMP. Mais recrutés à titre personnel, ils ne comptent pas comme contribution nationale.

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