La Belgique, pépinière de djihadistes pour la Syrie

Proportionnellement, beaucoup de Belges partent en Syrie.
Proportionnellement, beaucoup de Belges partent en Syrie. - © Belga

Selon certaines sources, la Belgique serait le pays européen d'où partent le plus de jeunes combattants. 300 Belges seraient partis en Syrie sur un total de 500 Européens présents sur place. Des chiffres très surprenants. Pourtant, le chiffre officiel retenu par les autorités est toujours de 80.

Le quotidien Le Monde avance que 300 Belges se battent en Syrie, sur un total de 500 djihadistes européens. Cette proportion très interpellante se base en fait sur des chiffres venant de sources différentes.

Début avril, un centre de recherche londonien évoquait 85 Belges sur un total de 590 djihadistes européens, donc une proportion bien moins forte que celle citée par Le Monde. Selon cette étude britannique, la Belgique est proportionnellement l'un des pays les plus concernés, avec le Danemark et les Pays-Bas. Le ministère belge de l'Intérieur maintient d'ailleurs ce chiffre de 80.

Les spécialistes du dossier soulignent que ces évaluations restent fragiles - puisqu'on parle de comportements clandestins - et très probablement sous-évaluées. Une source judiciaire parle de 200 Belges combattants en Syrie.

Brahim Laytouss, doctorant à l'université d'Anvers, étudie de près le phénomène. Il a recueilli le témoignage de jeunes présents en Syrie ou rentrés du théâtre de combats. De par ces différentes sources, il estime qu'au moins 300 jeunes ont fait le voyage vers les champs de bataille syriens. Et ce chiffre gonfle pratiquement chaque jour, puisque les départs ne se tarissent pas. Parmi eux, 18 sont morts au combat, un chiffre qui lui aussi augmente régulièrement.

Pourquoi cet attrait pour la Syrie ?

Tous les spécialistes tentent de comprendre pourquoi notre pays serait plus touché par le phénomène. Pour Brahim Laytouss, les candidats au djihad présentent globalement deux profils: il y a les idéalistes romantiques, qui veulent mettre fin à l'injustice subie par les Syriens, et les fanatiques religieux qui veulent instaurer un califat.

Le doctorant anversois souligne l'urgence de prendre des mesures pour enrayer le phénomène, comme cette initiative prise par plusieurs organisations musulmanes. Les imams sont priés d'expliquer aux jeunes tentés par le djihad l'inutilité de la démarche. Ce ne sont pas eux qui apporteront la solution au conflit syrien, au cœur d'un bras de fer international. De son côté, le ministère de l'Intérieur a établi un point de contact centralisé destiné aux familles concernées (syrie@ibz.fgov.be).

Daniel Fontaine

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