La Belgique parmi les mauvais élèves de la lutte contre la corruption

Illustration de la corruption
Illustration de la corruption - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La Belgique fait partie des plus mauvais élèves en matière de prévention de la corruption des parlementaires, des juges et des procureurs, ressort-il du rapport annuel 2018 du Greco, le Groupe d'Etats contre la corruption du Conseil de l'Europe, publié mardi. Fin 2018, la Finlande était la seule sur 35 Etats évalués à avoir mis en oeuvre l'ensemble des recommandations en la matière. Malgré son manque d'action, notre pays reste parmi ceux dans lesquels la corruption est perçue comme assez faible, d'où le risque de sous-estimer le besoin de prendre des mesures, met en garde l'organe de surveillance.

À la fin 2018, 16 pays, dont la Belgique, faisaient encore l'objet d'une procédure de non-conformité.

"Permettez-moi d'être très clair: les recommandations du Greco ne sont pas facultatives. Prendre ces recommandations au sérieux et faire tout notre possible pour les mettre en œuvre fait partie de notre engagement collectif envers cette organisation. Cela peut parfois s'avérer difficile, mais c'est nécessaire pour mettre en place un système qui empêche la corruption de se produire en premier lieu. Une fois qu'elle est installée, il est trop tard...", s'inquiète dans le rapport annuel le président du Greco, Marin Mrcela, également vice-président de la Cour suprême de Croatie.

L'an dernier, 35 Etats membres du Greco avaient été examinés dans le cadre du cycle d'évaluation relatif spécifiquement à la prévention de la corruption des parlementaires, juges et procureurs. Globalement, la mise en oeuvre des recommandations s'est encore ralentie en 2018 par rapport à 2017. A peine 34% des recommandations avaient été pleinement mises en œuvre à la fin de l'année passée, déplore le Greco. Les recommandations visant les parlementaires sont les moins respectées, avec un taux de conformité de 23% seulement.

En Belgique, le pourcentage de recommandations respectées, 11%, équivaut à celui de la Turquie. Le Portugal, la Bosnie, l'Espagne et la Serbie font pire. Mais la Turquie est de loin le pays qui affiche le plus grand nombre de recommandations non mises en oeuvre, car il est aussi celui qui en a reçu le plus.

Le Greco, qui fête ses 20 ans cette année, compte 49 Etats membres: les 47 du Conseil de l'Europe ainsi que le Bélarus et les Etats-Unis. Le Kazakhstan pourrait prochainement devenir son 50e Etat membre.

Cet organe a pour objectif "d'améliorer la capacité de ses membres à lutter contre la corruption" par le biais d'un processus d'évaluation qui mise notamment sur la pression des pairs.

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