La Belgique ne prend pas suffisamment soin des mineurs non accompagnés

Ils ont moins de 18 ans, ils débarquent seuls chez nous avec une histoire difficile, en provenance d'Afghanistan, de Guinée, d'Europe de l'Est ou des pays du Maghreb. Ces mineurs non accompagnés sont souvent livrés à eux-mêmes alors qu'ils devraient pouvoir bénéficier d'un accueil. Mais le manque de places dans les centres en rejette beaucoup dans la rue. Des associations ont assigné l'Etat belge en Justice. Le juge estime que ne pas accueillir ces enfants est inhumain.

La Belgique a l'obligation légale d'accueillir ces mineurs non accompagnés. Les "MENA", comme on les appelle, étaient près de 2500 l'an dernier. Ils atterrissent, pour certains, dans le bureau de permanence de Sandra Tayade qui s'occupe du droit des jeunes dans le centre-ville de Bruxelles : "Ca nous arrive régulièrement de dire à des "MENA" qu'on n'a pas de solution pour eux et qu'ils doivent retourner à la rue, le temps qu'on mette en place toutes les procédures au niveau du Tribunal du Travail pour que Fedasil soit condamnée à leur trouver un hébergement."

Quasiment 700 mineurs n'ont pas bénéficié d'un accueil de la part de Fedasil en 2011. Les mieux lotis aboutissent finalement à l'hôtel, d'autres échouent dans des squats ou dans la rue. Ils font parfois l'objet de trafic d'êtres humains. L'organisation DEI Belgique, Défense des Enfants Internationale a entamé une procédure judiciaire en leur nom. En attendant, les "MENA" multiplient individuellement les actions contre l'Etat et la réponse du Tribunal est à chaque fois identique. Benoît Van Keirsbilck, directeur de l'organisation DEI : "De manière systématique, le Tribunal du travail condamne Fedasil à accueillir immédiatement le mineur, parfois d'ailleurs en prévoyant une astreinte. Le fait de ne pas accueillir un mineur non accompagné est un traitement inhumain et dégradant."

Une centaine de places ont été créées cette année. Le cabinet de la Ministre Maggie De Block en prévoit 50 de plus l'an prochain, trop peu cependant pour sortir tous les "MENA" de la rue.

Radia Sadani

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