Dépenses militaires: la Belgique est l'un des plus mauvais élèves de l'Otan

La Belgique sera-t-elle contrainte d'augmenter ses dépenses militaires?  Les dépenses belges sont largement en dessous des critères fixés par l'Otan. Or, avec l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, les États-Unis rappellent chaque pays membre de l'Alliance à ses obligations. Lors de sa visite au siège de l'Otan, Mike Pence, le vice-président américain a d'ailleurs déclaré que les États-Unis attendaient des "progrès réels en 2017" de la part de ses alliés.

2% du produit intérieur brut

En 2014, face aux "actions agressives de la Russie à l'encontre de l'Ukraine" et à "l'instabilité croissante dans notre voisinage méridional", les pays membres de l'Otan se sont engagés à respecter scrupuleusement les critères de dépenses militaires du traité. Théoriquement, les alliés doivent consacrer 2% de leur PIB à leur armée, ce qui est loin d'être le cas de tous. 

Lors du sommet de l'Otan au Pays de Galles, les pays membres ont donc conclu de ne plus baisser leurs dépenses militaires, d'atteindre le niveau de 2% du PIB d'ici 2024 et de dépenser 20% de leur budget militaire dans du matériel stratégique.

La Belgique, avant-dernière du classement

Si on se fie aux derniers chiffres publiés par l'Otan (juillet 2016), la Belgique ne respecte aucun de ces trois engagements. Les dépenses de défense en pourcentage du produit intérieur brut n'ont cessé de baisser depuis 2009. Elles sont passées de 1,16% du PIB en 2009 à 0,85% du PIB en 2016. 

Ce niveau de dépenses militaires place la Belgique en avant-dernière position des pays membres de l'Otan. Seul le Luxembourg fait moins bien (0,44% du PIB).

Le taux d'investissement dans des "équipements majeurs" ne permet pas à la Belgique de redorer son blason. Selon les chiffres de l'Otan, la Défense belge n'investit que 2,17 % dans l'achat et le développement de nouveau matériel stratégique.

Les bons élèves sont rares

La Belgique n'est toutefois pas le seul pays à ne pas respecter les normes de l'Otan. Il n'y a que cinq alliés qui sont dans le cas. Les États-Unis devancent le classement. En 2016, les Américains ont consacré 3,6% de leur produit intérieur brut à l'armée. Leur contribution équivaut à plus de 70% des contributions totales des pays de l'OTAN. Ils sont suivis par la Grèce (2,38%), le Royaume-Uni (2,21%), l'Estonie (2,16%) et la Pologne (2,0%). La moyenne équivaut à 1,5% du PIB.

A quelques exceptions près, les dépenses militaires des alliés ont diminué ces dernières années. Sous la présidence de Barack Obama, notamment en raison du retrait des troupes américaines d'Afghanistan et d'Irak, la part du PIB allouée à l'armée est passée de 4,9% à 3,6%. L'annonce de Donald Trump "d'une hausse historique du budget de la défense" constitue donc une rupture qui pourrait inciter les pays membres de l'Otan à inverser la tendance. Le débat sur l'augmentation des budgets militaires est par exemple ouvert depuis plusieurs mois en Allemagne.

Vision stratégique

Chez nous, la vision stratégique proposée par le ministre Steven Vandeput prévoit également une augmentation du budget de la Défense. Mais elle sera très progressive et n'aura pas lieu au cours de cette législature marquée par une "trajectoire budgétaire allégée". "À partir de 2019, la trajectoire budgétaire suit une croissance linéaire et progressive pour atteindre un effort de défense belge de 1,3 % du PIB en 2030", peut-on lire dans le texte de la vision stratégique. Mais cette augmentation ne permet donc pas de respecter l'engagement de 2014 à atteindre les 2% du PIB en 2024. La Belgique "devra faire plus", a admis récemment le ministre de la Défense, Steven Vandeput.

Le sujet des dépenses militaires des alliés sera probablement au programme du prochain sommet de l'Otan. Il se déroulera en juillet 2017 à Bruxelles.

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