La Belgique finance deux structures médicales pour réfugiés syriens

Comme ce fut le cas pour la construction de l'école, les moyens serviront l'AFAD, l'agence turque pour les réfugiés, qui se chargera de la construction des deux structures, des "fast support medical unit" qui pourront accueillir jusqu'à 3.000 patients par mois.

L'objectif est de pouvoir atteindre les réfugiés dans mais également à l'extérieur des camps. Actuellement, la Turquie accueille quelque 200.000 réfugiés syriens dans des camps et 500.000 en dehors des camps.

Au total, la Belgique a dépensé 2,5 millions d'euros en 2012 et 8,3 millions d'euros en 2013 en réponse à la crise syrienne à travers les départements de la Coopération et des Affaires étrangères.

Le premier objectif de la Belgique et de l'Union européenne est de trouver une "solution politique" en Syrie, a rappelé jeudi M. Reynders qui a cependant affiché son scepticisme à quelques jours de la deuxième réunion de Genève censée rassembler à cette fin les protagonistes. En vue de la réunion du Koweit, le ministre est également d'avis que certains bailleurs de fonds, comme les Etats-Unis ou les pays du Golfe, ne confirment pas leurs engagements. "La Belgique fait des promesses à la hauteur de ses moyens mais au moins elle les concrétise", a-t-il dit.

Selon le ministre des Affaires étrangères, il est important de faire passer à la population belge le message selon lequel l'investissement dans la coopération et la diplomatie préventive, en Syrie, et dans les pays voisins, permet, au-delà de l'humanitaire, d'éviter un afflux de réfugiés dans les territoires européens.

L'action européenne doit notamment se focaliser sur le Liban dont plus d'un cinquième de la population est constituée de réfugiés. La cohésion de ce pays est menacée et un deuxième attentat a eu lieu en moins d'une semaine à Beyrouth alors que le ministre Reynders venait de quitter la Turquie pour la capitale libanaise.

"En Syrie, je continue à plaider en faveur de territoires démilitarisés pour permettre l'acheminement de l'aide d'urgence. Dans les pays voisins, nous soutenons les infrastructures locales, médicales, de logement, scolaire, afin qu'elles puissent faire face à l'arrivée des réfugiés. Enfin, en Europe, la Belgique accueille 2.000 réfugiés syriens dans de bonnes conditions", a résumé le ministre.

Certains estiment que l'Europe, ou en tout cas certains pays européens n'en font pas assez en accueillant 50.000 réfugiés contre 3 millions dans les pays voisins. "Il faudrait une répartition des charges. La Belgique en fait déjà beaucoup", soutient M. Reynders.

La question des combattants occidentaux partis en Syrie continue également à retenir l'attention du ministre belge qui s'en est entretenu par téléphone jeudi avec son homologue turc Ahmed Davutoglu. La Belgique et la Turquie ont mis en place une structure trilatérale Affaires étrangères-Justice-Intérieur qu'il faudrait étendre aux alliés européens voire aux pays de l'Otan, estime Didier Reynders, car "la menace" que font peser ces combattants au retour est "réelle", et cela, pas forcément dans leur pays d'origine. Selon le ministre, le nombre de combattants incarcérés en Belgique, disparus ou tués ont chacun "dépassé le stade de l'unité".

 


Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK