La Belgique en Libye: Steven Vanackere en a "fait des cauchemars"

Steven Vanackere
Steven Vanackere - © RTBF

Steven Vanackere, ministre des Affaires étrangères en affaires courantes, était l’invité de L’Indiscret ce dimanche midi. Des affaires courantes qui ne sont pas de tout repos puisque la Belgique est impliquée dans l’opération "Aube de l’Odyssée" en Libye. Le chef de la diplomatie revient sur cette opération et sur les critiques contre le gouvernement.

Ce sont plus de 200 militaires belges qui sont impliqués dans l’opération de la coalition internationale en Libye. Une décision que le ministre des Affaires étrangères assume… mais difficilement. "Pour la première fois depuis des années, je me souviens d’avoir fait des cauchemars. Pas parce que j’ai l’impression qu’on a fait le mauvais choix, je crois qu’on a fait le bon choix, mais parce que les implications pour les hommes et les femmes concernées sont énormes".

Pour le chef de la diplomatie belge, le recours à la violence est une sorte d’échec. "Dans la diplomatie, on dit souvent qu’ il vaut mieux envoyer des vieux hommes pour s’embêter mutuellement que des jeunes hommes pour se tuer. Et donc il vrai que quand on doit passer à la force, même si c’est pour arrêter la violence, il est clair que c’est un échec".

L’objectif final de la mission a fait polémique début de semaine, après que le ministre de la Défense, Pieter De Crem, ait affirmé que des actions offensives pourraient être prises. Pour Steven Vanackere, l’objectif, dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU, doit être de stopper la violence. Mais il n’exclut pas, au-delà de cette résolution, que la communauté internationale pousse Mouammar Kadhafi à partir. "La communauaté internationale a déjà dit que Kadhafi doit quitter le pouvoir mais ce n’est pas par le biais de la résolution 1973 que ça doit se faire…  (…) Les ministres des Affaires étrangères vont se voir à Londres mardi. On doit décider ce qui se passe après avoir réussi dans le cadre de la résolution 1973."

Et comment la Belgique va-t-elle se positionner ? Envisage-t-elle de reconnaître le Conseil national de transition, comme l’a fait la France ? "On a été plus prudent. Le Premier ministre les a reçus, on les voit comme un interlocuteur politique valable. Mais passer au concept d’être le représentant légitime, nous croyons que cela demande encore quelques actes supplémentaires. Je suis content de voir que ce Conseil a déclaré vouloir adhérer aux logiques de la démocratie, du pluralisme, du droit des femmes. Mais il ne faut pas vouloir courir avant de pouvoir marcher".

Autre polémique cette semaine : la N-VA (et elle n'est pas la seule) a critiqué les décisions prises par le gouvernement en affaires courantes, estimant qu’il allait trop loin. Pour le ministre CD&V, "ce n’est pas le choix de ceux qui sont dans le gouvernement d’affaires courantes d’y être. La responsabilité de former un gouvernement incombe à ceux qui ont eu le mandat de l’électeur. (…) Je trouve que la N-VA devrait être cohérente. Et si on souhaite un bon accord institutionnel il faut s’investir. On ne peut pas pas se mettre dans un fauteuil en disant ‘Nous attendons les propositions ‘, ‘Elles ne nous plaisent pas encore’…"

Cependant, pour le CD&V, "il est exclu d’imaginer construire une majorité sans tenir compte des résultats des élections du 13 juin".

Pas sans la N-VA donc…

J.C.

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