Pour forcer les états à en faire plus, "les actions en justice sont devenues indispensables" selon Greenpeace

Alors que la COP 25 a débuté à Madrid, Greenpeace espère que la Belgique suivra les recommandations de la Commission européenne dans l’élaboration de son Plan national énergie climat. Juliette Boulet, la porte-parole de l’ONG, était l’invitée de Jeudi en Prime.

Elle rappelle que la première version du plan belge, remis l’année dernière, avait été recalée car il n’était pas assez ambitieux. "Les rapports du GIEC sont clairs : si on veut respecter l’accord de Paris et être sous les 2 degrés de réchauffement global de la température, il faut qu’on en fasse plus". La porte-parole de Greenpeace Belgique pointe le manque de volonté politique et le manque de compréhension des enjeux.

Actions en justice

A plusieurs reprises, Greenpeace a cité la Wallonie et la Flandre en justice. "Les actions en justice sont devenues un outil indispensable" affirme Juliette Boulet car "la somme des changements individuels est insuffisante s’il n’y a pas des politiques structurantes qui sont mises en place".

A titre d’exemple, le secteur du transport dont les émissions de CO2 ne font qu’augmenter. Greenpeace plaide donc pour des politiques qui changent durablement les choses. "Le lobbying ne suffit pas. La justice est finalement une sorte de lobbying", relève Juliette Boulet.

Quelles alternatives ?

La Région bruxelloise a annoncé la fin du diesel en 2030, l’essence et le LPG en 2035. Juliette Boulet salue cette décision même si elle reconnaît que "c’est un challenge" car il faudra trouver des alternatives et du budget. "C’est une question de protection de notre environnement, de qualité de l’air et de santé". Pour Greenpeace, il faut rendre les villes plus agréables qu’aujourd’hui.

La fin du nucléaire

Face à la polémique sur la fin du nucléaire, Greenpeace maintient qu’il faut tenir le délai annoncé et fermer les centrales nucléaires en 2025. Pourtant, la Belgique n’est qu’à 9% d’énergies renouvelables et même l’objectif de 13% l’année prochaine ne sera pas atteint. Alors que faire ? La porte-parole de l’ONG rappelle qu’on peut aller chercher de l’offshore, de l’énergie produite ailleurs comme en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et en Angleterre parce qu’on est interconnecté. Faudra-t-il construire des centrales au gaz ?

Juliette Boulet reconnaît qu’on en aura peut-être besoin mais "grâce aux avancées technologiques, on aura des centrales au gaz le moins possible et beaucoup plus performantes que les centrales à charbon et au gaz anciennes. Mais cela reste malheureusement de l’énergie fossile car cette loi a été votée en 2003 et depuis, on a eu des gouvernements successifs qui n’ont pas mis en place les alternatives, à part le développement de l’éolien offshore".

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