La Belgique devant l'ONU pour l'examen de ses engagements en matière de droits humains

Vue du bâtiment des Nations Unies à Genève en janvier 2016.
Vue du bâtiment des Nations Unies à Genève en janvier 2016. - © FABRICE COFFRINI - AFP

Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies se penchera mercredi 20 janvier sur la situation des droits de l'homme en Belgique. Le royaume se soumettra ainsi à son deuxième Examen périodique universel (EPU), en présence de Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères qui mènera la délégation.

Quatre ans et demi après le premier examen qui avait eu lieu en mai 2011, plusieurs organisations saluent les avancées mais appellent aussi la Belgique à mettre en oeuvre une série d'engagements.

L'EPU fournit à chaque Etat l'opportunité de présenter les mesures qu'il a prises pour améliorer la situation des droits de l'homme sur son territoire et remplir ses obligations en la matière. Pendant la séance d'examen, sous forme de dialogue interactif, les États membres de l'ONU posent des questions et émettent des recommandations à l'endroit du gouvernement du pays examiné.

Les mesures antiterroristes pointées du doigt par les ONG

Sur plus de 120 recommandations formulées en 2011, la Belgique s'était engagée sur 88 d'entre elles. Mais plusieurs organisations soulignent que des engagements sont malgré tout restés lettre morte.

Amnesty regrette ainsi que l'Institut national des droits humains (INDH) n'existe toujours pas. Une telle autorité aurait pour mission de remédier aux lacunes observables dans la protection et la promotion des droits humains. L'ONG regrette aussi qu'aucune avancée n'ait été enregistrée en vue de la ratification du protocole de convention contre la tortures des Nations Unies (OPCAT).

Amnesty et la Ligue des droits de l'homme (LDH) se disent préoccupées par les mesures de lutte contre le terrorisme décidées ces derniers mois par les autorités belges. "Il y a une nécessité de garder un équilibre entre sécurité et liberté", pointe Manuel Lambert de la LDH.

La Ligue des droits de l'homme souligne entre autres les problèmes de surpopulation dans les prisons et de la violence policière, notamment envers des journalistes lors de manifestations.

Droits des minorités et des migrants en question

La Coalition des associations francophones de Flandre (CAFF) demande une fois encore la ratification de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales. "La Slovénie interroge la Belgique sur la définition de minorité nationale et suggère l'auto-identification", indique Edgar Fonck, directeur de l'Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF). Il se réjouit que le sujet fasse partie des questions préalables posées à la Belgique.

Le CIRÉ (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Étrangers) a quant à lui souligné plusieurs sujets sensibles dont les droits sociaux des migrants, les violences envers les femmes migrantes, la situation des étrangers gravement malades et la détention.

L'EPU de la Belgique se déroulera de 14h30 à 18h00 dans les locaux de l'ONU à Genève. La session peut être suivie en direct sur le site des Nations unies.

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