La Belgique dans sa première phase de déconfinement ce 4 mai : où en sont les capacités de dépistage ?

Ce 4 mai, la Belgique entre officiellement dans la première partie de sa première phase de déconfinement (phase 1A) :

  • reprise des activités entre professionnels (plus communément appelé le B2B, business to business)
  • port du masque obligatoire dans les transports en commun
  • réouverture des merceries et magasins de tissus, afin de permettre au citoyen de confectionner son masque

Le rôle des autorités est donc d’assurer un déconfinement le plus sûr possible, c’est-à-dire avec des moyens de tracing, de dépistage et d’approvisionnement des équipements nécessaires (masques, gants, écouvillons, etc.).

Les sociétés de transport en commun, TEC, STIB, SNCB, verront leur service adapté ce 4 mai. Les grandes surfaces seront en mesure de vendre des masques chirurgicaux en grande quantité.

Concernant le tracing, la stratégie adoptée communément par les trois régions est celle du call center, qui entrera normalement en phase de test dès ce mai. Mais de nombreuses questions se posent encore autour de ce call center, laissant planer un doute sur sa mise en œuvre le 11 mai, date provisoire de réouverture de tous les commerces de détail (hors Horeca).


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Quid des capacités de dépistage ?

En parallèle de ce déconfinement, les capacités de dépistage doivent évidemment fortement augmenter : au moins 25.000 tests par jour, estiment les experts, afin de pouvoir lancer un déconfinement dans les règles.

En cette dernière semaine d'avril, les capacités de testing ont réussi à dépasser les 20.000 tests quotidiens, et ce qui est une bonne nouvelle. Toute la question tourne autour de l’approvisionnement du matériel nécessaire, dans les centres de tri et auprès des médecins généralistes, en première ligne. Les centres de tri sont en train d’être approvisionnés en ce week-end du 1er mai. Dans un communiqué de ce dimanche soir, le ministre De Backer a confirmé que les centres de tri avaient bien été approvisionnés.

Pour les médecins généralistes, le Fédéral n’a pas organisé d’approvisionnement particulier, chacun devra se débrouiller pour obtenir le matériel nécessaire. Une situation qui est loin d’être optimale, les médecins sans matériel suffisant devant renvoyer ses patients dans les centres de testing. Comme le confirme Dominique Henrion, médecin généraliste référent covid-19 à Namur, "peu de médecins généralistes sont bien équipés, surtout les écouvillons qui manquent en pratique individuelle."

Chez le médecin qui gère le centre de tri d’Ottignies, dans le Brabant Wallon, les masques et gants ont bien été reçus, mais pas de trace des écouvillons, indispensables à la réalisation des échantillons de test.

Et c’est toujours le flou artistique sur la manière d’encoder les résultats sur une plateforme, la manière dont ils seront récupérés : il n’est donc pas certain qu’il sera possible de le faire dès demain, comme nous le confirme Eric Vincke, médecin généraliste coordinateur du centre de tri d’Ottignies.