La Belgique, ce mauvais élève en matière de climat

Les manifestations en faveur du climat se sont tenues cet après-midi à Bruxelles et à Mons, elles dénoncent l'inaction du pouvoir politique face à la crise environnementale. Mais que disent les chiffres? Est-ce que la Belgique respecte ses engagements européens en la matière? 

En 2017, la Belgique a émis 114,5 millions de tonnes de gaz à effet de serre. C’est près d’une tonne et demi en moins qu’en 2016, c’est surtout une baisse de 21,9% par rapport à 1990. Hors contexte, ces chiffres bruts montrent plutôt une Belgique qui s'en sort bien face à l'urgence de la crise climatique. Mais attention aux apparences!

Le graphique ci-dessous montre l’évolution en tonnes des émissions de gaz dans les secteurs ciblés du transport, du bâtiment, de l’agriculture et des déchets. Il confirme une diminution des émissions sur les 15 dernières années. Pour bien faire, cette courbe devrait continuer à baisser, année après année, pour atteindre un objectif européen de 35% de diminution de gaz à l'horizon 2030.

Malheureusement les prévisions (illustrées par la courbe bleue en pointillés) montrent une stabilisation pour la prochaine décennie. Concrètement, si rien ne change, la Belgique ne respectera pas ses engagements européens et s'exposera à des pertes financières importantes (via des rachats de quotas d'émissions à d'autres pays européens, ou via de lourdes amendes). 

La Belgique, mauvais élève européen

Notre pays n'est pas le seul à manquer à ses devoirs climatiques. Actuellement, seuls huit pays européens sont à la hauteur de leurs ambitions (le Portugal, la Slovénie, la Bulgarie, la Hongrie, la Grèce, la Croatie, la Suède et la Slovaquie).

L’herbe n’est donc pas nécessairement plus verte ailleurs. Mais sur base des prévisions, notre pays se place quand même en queue de peloton. Il fait partie des cinq pires élèves européens avec l’Estonie, l’Irlande, Malte et Chypre. 

Les raisons d'un échec annoncé

Pourquoi la Belgique reste-t-elle a la traîne en matière climatique? Plusieurs raisons possibles. Ces chiffres de gaz à effet de serre sont calculés sur base du nombre de pleins de carburants effectués sur un territoire. Les pays où les accises sur les carburants sont les moins élevées, attirent les conducteurs frontaliers et peuvent altérer ces chiffres (c'est le cas, par exemple, au Luxembourg). Le prix des carburants appliqué en Belgique suit plus ou moins celui de la plupart de ses voisins, donc cet élément n'explique pas le problème belge.

Deux raisons sont beaucoup plus plausibles pour expliquer le mal belge. Premièrement, le pays a conduit sa politique autour de la voiture, notamment en octroyant des avantages fiscaux aux entreprises sur les voitures de société. Deuxièmement, dans certaines parties du pays, il n'existe pas d'alternatives crédibles à la voiture. La création du RER wallon, et la mise en place de pistes cyclables pourrait peut-être faire avancer le Schmilblick. 

Bien sûr, les quatre ministres de l'environnement (les trois régions + le fédéral) ont mis en place un certain nombre de mesures pour faire baisser ces émissions. Mais au regard des prévisions, ces actions ne sont actuellement pas suffisantes. Et ça, les manifestants présents ce dimanche à Bruxelles l'ont bien compris. 

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