"La Belgique accepte que 23% des abeilles meurent à cause des pesticides", dénonce Nature & Progrès

La Belgique soutient une mortalité acceptable de 23% des abeilles à la suite d'une exposition aux pesticides, dénoncent jeudi Nature Progrès Belgique et Pesticide Action Network (PAN) Europe, réagissant à une intervention du ministre fédéral de l'Agriculture, David Clarinval (MR), lundi en commission santé de la Chambre. La Suède, la France ou les Pays-Bas soutiennent quant à eux un maximum de 7%.

Le système actuel d'autorisation des pesticides date de 2002 et a été co-écrit par l'industrie, affirment les organisations, qui dénoncent que cela a permis à des produits hautement toxiques pour les abeilles, comme les néonicotinoïdes, d'être pulvérisés dans l'environnement.

En 2013, les experts de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont jugé qu'il n'est pas acceptable que la taille d'une colonie d'abeilles décline de plus de 7% après avoir été exposée à des pesticides. Plusieurs États membres ayant refusé d'appliquer ce seuil, la Commission européenne a décidé de rouvrir les discussions sur le niveau acceptable de mortalité et a demandé à l'EFSA de mettre ce pourcentage à jour en fonction des nouvelles données scientifiques.

"Un certain nombre d'États membres demandent d'accepter une réduction de la taille de la colonie jusque 25% suite à l'exposition à un pesticide, ce qui est colossal: cela voudrait dire que toutes les butineuses d'une colonie disparaîtraient, ce qui affaiblit fortement les colonies, les rend improductives et elles ne remplissent plus leur rôle de pollinisateur", soulignait la députée Séverine de Laveleye (Ecolo) dans sa question au ministre.

"Le ministre Clarinval se cache derrière l'EFSA en prétendant que le chiffre est scientifique alors qu'il est éminemment politique : quel niveau de protection donnons-nous à nos pollinisateurs ?", interroge Martin Dermine, coordinateur de projet chez PAN Europe. "Le ministre nous met du côté des pays voyous d'Europe en matière de pesticides : Espagne, Grèce, Hongrie, qui militent en faveur d'une protection minimale de l'environnement et d'autoriser d'un maximum de pesticides."

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