« La Belgique a prouvé qu’elle était capable de faire face aux difficultés », estime Alexander De Croo

Alexander De Croo était l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 26 juin sur La Première. Alors que la crise sanitaire semble de plus en plus derrière nous, le Premier ministre revient sur le travail de son gouvernement en temps de crise, sur le fonctionnement de l’Etat fédéral tel qu’on le connaît. Il analyse également avec nous la position hongroise au sein de l’Union européenne.

"Les discussions de réforme d’État, c’est souvent un débat très politique. C’étaient des réunions pendant la nuit, on bricolait des constructions à la belge, mais ça ne touchait pas les gens. Finalement, on attend d’un pouvoir public qu’il protège la population, qu’il le fasse d’une manière rapide et d’une manière efficace".

Il est important de pouvoir prendre des décisions rapidement

"De plus en plus de Belges, même en Flandre, disent dans les sondages que certaines décisions doivent être centralisées au fédéral. Il y a une certaine prise de conscience. Il est clair que la pandémie nous a quand même appris qu’il est important de pouvoir prendre des décisions rapidement en temps de crise, c’est quelque chose qui repose sur l’État".

Et d’ajouter, "ce que je vois c’est que nous sommes un pays fédéral en adolescence. Nous ne sommes pas encore un État fédéral adulte : il nous manque beaucoup de mécanismes. On a beaucoup de mécanismes de blocage, mais pas de déblocage. Un exemple de solution de déblocage, c’est une hiérarchie des normes… Est-ce qu’elle doit être valable dans tous les domaines et tout le temps ? C’est une question à discuter. Mais un mécanisme pour débloquer un problème et prendre rapidement une décision, ça nous manque, c’est clair."

La liberté individuelle des uns s’arrête où commence la santé des autres

Un État fédéral en adolescence… Ou en déliquescence ? "Je vois qu’aujourd’hui notre système fonctionne. Au plus haut de la crise sanitaire, on a fait fonctionner notre système, notamment parce qu’autour de la table on avait des personnes de bonne volonté. On avait des ministres-présidents qui se connaissaient bien et on a tous compris qu’on attendait de nous d’être efficaces ensemble".

Le Premier ministre est ensuite revenu sur la nécessité des mesures sanitaires, privant des millions d’individus de leur liberté, à cause de la crise sanitaire : "Mon objectif politique depuis le début, c’est de créer un environnement conducteur d’une vie heureuse pour un maximum de gens. Malheureusement, pour y arriver, on a dû restreindre les libertés individuelles. Mais ma liberté individuelle s’arrête quand elle met en danger votre santé. Alors, oui, on a dû prendre des mesures difficiles".

Je n’aurais jamais pensé que j’allais devoir prendre des décisions pareilles

Une situation exceptionnelle qui a aussi dérouté le Premier ministre lui-même : "Quand j’ai commencé à faire de la politique, je n’aurais jamais pensé que j’allais devoir prendre des décisions pareilles : vous dire combien de personnes vous pouvez recevoir chez vous, comment vous devez vous organiser à la maison… Mais je pense que dans des moments inédits, ce qu’on attend d’un Premier ministre, c’est de protéger la population et cela peu importe sa couleur politique."

L’Union européenne, un club avec des règles

Ursula Von der Leyen dénonce une "honte" : le projet de loi hongroise qui interdit la diffusion d’images d’homosexualité ne passe pas à Bruxelles. Au point que l’on pourrait chasser de l’Union européenne une Hongrie qui ne respecte pas les valeurs de Bruxelles ? Alexander De Croo n’a pas pris de gants pour décrire sa position face à l’élève rebelle de l’Union Européen, Viktor Orban.


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"L’Europe est un club qui a des règles. Ce n’est pas un supermarché dans lequel on choisit ce qu’on prend ou non." Et d’ajouter, "dans le cas de la Hongrie, elle prend beaucoup de financements européens, des financements qui sont justifiés de notre point de vue, parce que pour un pays exportateur comme la Belgique, il est plus intéressant d’avoir des pays forts dans l’Union."

Mais cela ne signifie pas signer un chèque en blanc, estime le Premier.

La Hongrie est allée trop loin

"Mais il est aussi normal que l’Europe soit une union de valeurs, des valeurs qui sont à la base. Des valeurs de respect, de non-discrimination. Et là il est clair que la Hongrie est allée trop loin. Être homosexuel, ce n’est pas un choix. Être homophobe, ça, c’est un choix et c’est un choix qui n’est pas acceptable en Europe."

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