La Belgique a livré une famille ouïghoure à la police chinoise

Une rue de Pékin près de la place Tienanmen.
Une rue de Pékin près de la place Tienanmen. - © STR - AFP

Le personnel de l’ambassade de Belgique à Pékin a appelé la police pour faire évacuer une mère et ses quatre enfants. C’est pourtant bien connu, les Ouïghours sont persécutés par les autorités chinoises. La famille était d’ailleurs venue pour une demande de visa de réunification familiale.

Ablimit Tursun, le père de la famille qui s’est rendue à l’ambassade, vit à Gand. Il a déjà obtenu l’asile chez nous en 2018. Il avait préparé un dossier pour demander un regroupement familial.

Et c’est dans cette optique que sa femme et leurs quatre enfants se sont rendus à Pékin, à l’ambassade de Belgique. Un voyage déjà dangereux puisque les Ouïghours ne peuvent normalement pas circuler dans le pays sans autorisation. Pour accélérer les choses, la mère s’est rendue à l’ambassade pour boucler le dossier. Les affaires étrangères précisent que cela s’est fait en dehors des heures d’ouverture. Le personnel lui a conseillé de rentrer chez elle, dans l’état du Xinjiang, pour attendre la fin de la procédure.

La mère et les aînés risquent d’être envoyés en prison

Paniquée, elle a refusé de quitter l’ambassade et a demandé la protection belge, en attendant les visas. C’est à ce moment-là que la police chinoise a été appelée pour évacuer la famille. Pour Vanessa Frangiville, titulaire de la Chaire d’études chinoises à l’ULB, c’est une "décision aberrante, qui a mis en danger la vie d’une famille en la livrant à ceux qui la menaçaient".

Depuis que la police a embarqué la famille, elle ne donne d’ailleurs plus de signe de vie. La mère et les aînés risquent d’être envoyés en prison ou en camp de rééducation.

 

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