La 4G partout en Belgique… mais toujours pas à Bruxelles

Le haut débit 4G: la nouvelle mine d’or?
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Le haut débit 4G: la nouvelle mine d’or? - © ERIC PIERMONT - IMAGEGLOBE

Après Belgacom qui possédait une avance sur ses concurrents en matière de transfert de données, c’est Base qui s’impose comme le deuxième acteur dans un jeu où l’on attendait d’abord Mobistar. Ce dernier ne sera prêt qu’au début de l’an prochain, tandis qu’à Bruxelles, la législation sur les ondes GSM empêche toujours l’entrée du (très) haut débit. Un enjeu davantage politique que technique.

Un an après Proximus c’est au tour du troisième opérateur, Base, de mettre à la disposition de ses clients une technologie de haut débit actuellement 4 fois plus rapide que la 3G. Un débit mobile comparable à une connexion internet à domicile. A terme, la vitesse de transfert de la 4G LTE pourrait atteindre 1 Gbit/s en téléchargement. Plus qu’il n’en faut pour regarder un film en haute définition en streaming depuis un terminal mobile. Dès aujourd’hui, la 4G apporte la possibilité aux  "gamers" de s’adonner à des jeux en ligne très interactifs.

Démocratisation de la 4G

Et déjà la concurrence fait rage. L’abonnement d’entrée de gamme proposé par Base pour utiliser la 4G (LTE en Europe) coûte 39 euros contre 65 euros chez Belgacom. Mais surtout la filiale belge de KPN propose des smartphones compatibles à prix raisonnables tarifés à partir de 279 euros. Car le premier frein au déploiement de la 4G est l’absence de terminaux compatibles. Les nouveaux mobiles haut de gamme sont tous prêts pour la "Long Term Evolution (LTE) ",  mais au regard de l’ensemble du parc installé, seuls 5% à 10% des internautes disposent de terminaux compatibles. Un pourcentage qui devrait toutefois croître rapidement au cours des deux prochaines années.

Couverture citadine

Sans comparaison avec la couverture GSM ou même 3G, la 4G débute à peine son déploiement. La densité la plus forte est celle de Belgacom avec plus de 130 villes connectées au haut débit sur 35% du territoire. Suit, depuis mardi, l’opérateur Base avec 15 villes et 20% du territoire. Les cités couvertes par la 4G de Base sont principalement localisées en Flandre, auxquelles il faut ajouter, Liège, Namur et Charleroi. L’agressivité commerciale de Base confirme son désir, évoqué il y a 6 mois, de croître rapidement. Et pour cela, de mieux adresser le monde professionnel et des entreprises, jusqu’alors  fortement contrôlé par les Belgacom et Mobistar.

Mobistar à la traîne

Avec retard sur les projections faites il y a un an, Mobistar postpose son entrée dans le monde de la grande vitesse à 2014, soit 6 mois plus tard que qu’annoncé il y a un an.  Dans un bon trimestre, le deuxième opérateur devrait donc se situer au niveau de couverture de Base, preuve de réelles difficultés pour cet opérateur qui  vise, comme Belgacom, à toucher le marché des entreprises. En principe, au début de l’année, 50 villes devraient pourtant être couvertes par la 4G de Mobistar. Un défi presque stratégique aux yeux de sa clientèle d’affaires.

Bruxelles : le village des irréductibles

Capitale de l’Europe, Bruxelles est sans doute l’une des rares villes de plus d’un million d’habitants à ne pas disposer d’un réseau data 4G. En cause un décret limitant à 3V/mètre la radio fréquence cumulée par plusieurs réseaux. Une norme bien plus stricte que celle autorisée dans les autres régions. Des discussions sont en cours entre le gouvernement bruxellois, les trois opérateurs historiques et un quatrième opérateur B.Lite (mandaté par le chinois Datang) qui a également obtenu une licence lors de l’attribution des fréquences.

Depuis juillet, la norme a été revue à la hausse. chaque opérateur aura à disposition trois "mannes" de 3 volts par mètre: une pour la 2G, une pour la 3 G et une pour la 4G. Mais il ne pourra pas excéder, en tout, un total de 6 volts par mètre.

Deux mois plus tard, les opérateurs pointent toujours du doigt le politique en ajoutant que le jour où un cadre juridique sera enfin fixé, il faudra encore un délai de près de 18 mois pour déployer techniquement la couverture 4G. De son côté, Ecolo (parti auquel appartient la ministre bruxelloise Evelyne Huytebroeck) soutient que cette norme permet d’implantation de la 4G. Entre le politique et les opérateurs, les ondes passent décidément très mal.  

Jean-Claude Verset

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