L'UE tance la Belgique sur son budget, le gouvernement répond

L’UE tance la Belgique sur son budget, le gouvernement répond
L’UE tance la Belgique sur son budget, le gouvernement répond - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Ils sont au total huit pays européens, épinglés par la Commission européenne ce mercredi lors la remise de ses avis sur les budgets nationaux pour 2020. La Belgique mais aussi l’Espagne, la Finlande, la France, l’Italie, le Portugal, la Slovaquie et la Slovénie. Des pays dont l’UE a estimé que leurs prévisions budgétaires présentaient "un risque de non-conformité" avec les règles européennes, risquant donc de ne pas rencontrer l’an prochain les exigences du pacte de stabilité et de croissance et de s’éloigner des objectifs pourtant fixés.

La Belgique est pointée du doigt non seulement pour l’insuffisance de la réduction de sa dette publique mais aussi pour un risque d’écart "significatif" par rapport à l’objectif de retour à l’équilibre structurel. Déjà au mois d’octobre, la Commission européenne avait demandé à la Belgique de soumettre "aussitôt que possible" une feuille de route budgétaire conforme aux recommandations et aux règles budgétaires européennes.

Tout comme elle, l’Autriche, le Portugal et l’Espagne n’ont rentré à l’Europe le 15 octobre dernier qu’un projet de budget à politique inchangée. Mais alors que pour ces trois derniers pays, cette situation est due à des élections nationales qui ont eu lieu depuis la fin septembre, pour la Belgique, c’est en raison de la durée de formation de son gouvernement, note la Commission.

Le 7 novembre dernier, l’exécutif européen a prédit à la Belgique un déficit public en forte hausse, si rien ne bougeait : 2,3% en 2020 (soit près de 11 milliards d’euros). Le solde structurel (qui prend en compte l’impact de la conjoncture et sort les opérations 'one shot' à impact unique) se dégraderait de 0,3%, au lieu de l’amélioration de 0,6% attendue par l’Europe. Raison principale : une hausse des dépenses publiques de 4,3% au lieu du 1,6% recommandé. Quant à la dette, elle se tasserait un peu, juste sous les 100% du PIB ces prochaines années (soit quelque 470 milliards d’euros), au lieu de baisser plus fortement.

La Commission, dont le travail de dialogue budgétaire avec les Etats membres se poursuivra cet hiver, attend que notre pays corrige son dérapage et fournisse un projet de plan budgétaire complet "au plus tôt une fois que le nouveau gouvernement aura été formé".

C’est au printemps que l’exécutif européen se penchera sur les résultats budgétaires pour envisager d’éventuelles procédures en déficit excessif. Actuellement, aucun Etat de la zone euro n’est l’objet d’une telle procédure.

Un gouvernement le plus vite possible

Une réponse qui ne surprend pas vraiment. C’était déjà les mots de Sophie Wilmès, ministre MR du Budget, devenue depuis Première Ministre. Ils sont désormais repris par son successeur, David Clarinval. Le même refrain sur la situation difficile d’un gouvernement fédéral en "affaires courantes" depuis bientôt un an, et la nécessité d’avoir au plus vite un gouvernement de plein exercice. Le ministre du Budget prend acte du bulletin de la Commission. Pour le reste, David Clarinval appuie "la nécessité de poursuivre l’assainissement de nos finances publiques dès que le nouveau gouvernement sera mis sur pied. Cela devra effectivement être une des priorités de la prochaine majorité, dont je continue à appeler de mes vœux la constitution le plus vite possible. Le gouvernement précédent avait veillé à apporter régulièrement les mesures correctrices dès que cela s’avérait nécessaire. Cela n’est plus permis depuis le début des affaires courantes, le 21 décembre dernier". Et d’appeler pour le reste, au-delà de l’Etat fédéral, les autres entités (Régions et Communautés dotées déjà, elles, de gouvernements) de s’inscrire dans un effort collectif en faveur d’une remise sur les rails du budget de la Maison Belgique. Un message qui pourrait encore être répété quelques mois encore… Jusqu’à la formation effective d’un prochain gouvernement fédéral. Un jour…

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