L'UCM regrette les mesures "vexatoires et disproportionnées" du gouvernement

Christophe Wambersie, secrétaire général de l'UCM
Christophe Wambersie, secrétaire général de l'UCM - © RTBF

Le secrétaire général de l'Union des classes moyennes Christophe Wambersie pointe, au micro de la RTBF, le double langage des responsables politiques qui affirment vouloir défendre les indépendants et les PME tout en prenant des mesures fiscales vexatoires. Il se défend de vouloir rouler pour le MR.

Interrogé par Bertrand Henne, le secrétaire général de l’Union des classes moyennes Christophe Wambersie observe "un double langage de la part des politiques aujourd’hui : d’un côté, ils en ont plein la bouche pour soutenir l’entrepreneuriat, en particulier celui des petites et moyennes entreprises et des indépendants, et parallèlement on prend des mesures qui sont disproportionnées, vexatoires et contre-productives. Les 309% de taxation pour les avantages en toutes natures non déclarés : c’est symbolique car cela renvoie une image totalement fausse de ce qu’est un indépendant et un entrepreneur. C’est totalement disproportionné par rapport au processus, c’est mettre au panier le principe d’une négligence ou d’un oubli".

Le gouvernement Di Rupo met en œuvre un vaste plan de lutte contre la fraude fiscale et sociale mais, pour Christophe Wambersie, on ne contrôle pas les bonnes personnes et il faut réorienter la lutte contre ceux qui ne remettent pas de déclaration fiscale et ceux qui organisent la fraude ou qui récidivent. Le plan antifraude du gouvernement pointe du doigt les entrepreneurs et ne donne pas confiance, regrette-t-il.

Politique ciblée

Christophe Wambersie se félicite en revanche que les PME soient au cœur du plan de relance que prépare le gouvernement. La baisse des charges sur les trois premiers emplois dans les PME va créer "plusieurs dizaines de milliers d’emplois" estime-t-il en rappelant qu’une multitude d’indépendants ont la capacité de créer un premier emploi et qu’il faut les aider. C’est plus efficace qu’une politique linéaire, selon l’UCM.

"Jusqu’à présent, on n’a quand même jamais vu de l’emploi se créer de toutes pièces : l’emploi passe toujours par la création ou le développement d’une entreprise", insiste Christophe Wambersie : "Lorsque une grande entreprise crée un emploi, les PME en créent quatre. Voilà pourquoi il faut des politiques particulièrement ciblées sur les plus petites entreprises qui sont particulièrement nombreuses". Par exemple, l’UCM souhaite que l’on garde un taux préférentiel d’intérêts notionnels pour les petites entreprises : "Nous pensons que les intérêts notionnels doivent être exclusivement dédicacés à l’économie réelle, c’est-à-dire aux entreprises qui investissent, qui fabriquent et qui créent de l’emploi".

Querelle "stérile"

Le discours prononcé par Christophe Wambersie à la fête du MR le 1er mai fait polémique au sein de l’UCM. Le secrétaire général se défend de rouler pour le MR : "L’UCM vote ‘indépendants’ et ‘entrepreneurs’ : il est indispensable de porter la voix des indépendants et de leurs revendications partout où elle peut être entendue. J’ai participé à des congrès du cdH, du Parti socialiste et même du parti Ecolo". Christophe Wambersie juge cette querelle interne à l’UCM "stérile, surtout dans le contexte où 30% des indépendants sont en-dessous du seuil de précarité".

A.L. avec B. Henne

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