L'Oracle d'Anvers

Depuis l’hôtel de ville d’Anvers, Bart De Wever ne peut s’empêcher de distribuer les bons et les mauvais points, se permettant tout aussi bien de juger son collègue de Bruxelles-Ville, les syndicats, les socialistes ou les orientations socio-économiques du gouvernement fédéral.

Influence

Le président de la N-VA a fait le choix, comme ses homologues du CD&V et de l’Open-VLD, de ne pas monter à bord de l’esquif gouvernemental fédéral. Mais si on n’entend plus guère Wouter Beke ou Gwendolyn Rutten, il n’y a pas un soubresaut gouvernemental qui ne suscite un commentaire, souvent cinglant, de Bart De Wever.

Il apparaît même souvent comme celui qui siffle la fin de la récréation : on l’a vu dans les affaires Jambon ou Francken, sur la réponse aux syndicats après la manifestation (" il n’y a pas d’alternative à notre politique ") voire à présent sur un impôt sur la fortune (en substance, ce n’est pas dans l’accord de gouvernement. Point).

Le gouvernement Michel donne l’impression de ne pouvoir avancer sans l’aval explicite du président du principal parti de la coalition. Bart De Wever apparaît bien comme le véritable homme fort du gouvernement, celui qui donne le ton.

CD&V, maillon faible ?

Depuis le début, les chrétiens-démocrates donnent l’impression d’entrer à reculons dans cette coalition. Ils voulaient tellement gouverner avec la N-VA en Flandre qu’ils ont dû l’emmener, sans trop y croire, au fédéral. Et ça a marché !

Marri de voir le petit frère CDH claquer la porte, obligé dès lors de réembarquer l’Open-VLD au fédéral et en Flandre, évitant les projecteurs en sacrifiant le 16 promis à Peeters pour un discret poste de commissaire européen, le CD&V doit à présent composer avec l’ACW, mutuelle et syndicat, son dernier réservoir d’électeur. Kris Peeters avance timidement l’idée d’un impôt sur la fortune.

Ce n’est pas dans l’accord de gouvernement, entend-on dans la métropole… L’oracle d’Anvers a parlé… et à ce stade, personne dans la majorité, n’ose le contredire.

 

Philippe Walkowiak

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