L'oracle d'Anvers (2)

C’est plus fort que lui…

Il a beau dire que le gouvernement fédéral est autonome, il ne peut s’empêcher de le recadrer à tout bout de champ. Bart De Wever est ainsi fait. Il veut donner le ton.

Anvers capitale

Circulez, y a rien à voir ! est le nouveau leitmotiv du bourgmestre d’Anvers. Cette fois c’est aussi bien à propos des voitures de société que d’un impôt sur la fortune voire même d’un glissement de la fiscalité (tax-shift) à remettre à une période de " haute conjoncture économique "… autrement dit à des quasi calendes grecques.

Bart De Wever avait tout aussi rapidement clos le débat lors des sympathies collaborationnistes de Francken ou Jambon, ou lorsqu’il s’est agi d’envisager une concertation avec les syndicats : il n’y a pas d’alternative à notre politique.

Plus encore que le Premier Ministre, le président de la N-VA se pose en gardien zélé de l’accord gouvernemental, voulant sans doute prouver par là toute la détermination des nationalistes à mener les réformes socio-économiques prévues.

Ne pas faiblir

Le ministre des Finances N-VA, Johan Van Overtveldt avait pourtant entrouvert la porte à une réflexion sur les voitures de société ou sur une taxation sur les plus-values boursières. Son président n’a pas hésité à le rappeler à l’ordre.

Pour les voitures de société, la porte est totalement fermée alors que le débat fait rage, surtout en Flandre sur cet avantage d’un " autre temps ". Mais Bart De Wever avait vertement critiqué le gouvernement Di Rupo quand celui-ci a pris des mesures (avec le MR, l’Open VLD et le CD&V) sur ce sujet et on ne manquait pas de signaler lors de la campagne électorale que " la province d’Anvers comptait à elle-seule plus de voitures de société que toute la Wallonie "… et que sous-entendu, c’est un électorat à ménager !

Même chose à propos d’un impôt sur la fortune : les gens qui ont une fortune payent quand même des impôts donc on ne veut pas ajouter de l’impôt aux impôts. Le débat est clos avant d’avoir eu lieu.

Ceci étant, Elio Di Rupo n’avait pas agi autrement ; la déclaration gouvernementale tenait lieu de Bible et toute initiative qui sortait de ce cadre strict était aussi balayée. Moins vertement toutefois que par le président de la N-VA qui apparaît dès lors comme le véritable Premier Ministre, garant des textes, augure de la majorité.

Philippe Walkowiak

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